Aujourd’hui on va parler un peu sérieusement, je sais que vous ne m’en voudrez pas. Je vous garde les métaphores concernant les Totally Spies pour la prochaine fois, je me suis seulement permis un titre qui rappellera des souvenirs aux derniers fans de Calogero. Service minimum. Ce soir je voudrais revenir sur une réflexion que me font souvent mes amis athées. D’ailleurs, je suis prêt à parier le petit million que j’ai gagné en misant sur la France mardi que si vous êtes croyant, on vous l’a déjà faite aussi :

 

« Tu crois en Dieu parce que tu as peur de la mort »

 

calogero-passi

 

Beaucoup de gens partent souvent du principe que tu te forces à croire en Dieu pour combler un manque, pour satisfaire un besoin. Question de confort. Parfois c’est pour donner un sens à ta vie sur Terre, mais généralement ce qui vient en premier c’est la mort. Moi, catho, j’ai donc trouvé le moyen de me persuader que « la mort c’est pas la fin », et ce moyen c’est la religion. En gros le christianisme, c’est 2000 ans de baltringage de génération en génération, rien d’autre. Après tout c’est bien connu, à force de se répéter « Jacques a dit il existe un paradis ! » en tapant trois fois des talons, on finit par y croire. Il serait impensable que je puisse croire en Dieu… simplement parce que je crois qu’il existe. Quelle idée. Alors plus que pour les cathos, cet article s’adressent à ceux qui pensent que la foi nous permet de traverser les épreuves de la vie un sourire béat au visage. A ceux qui s’imaginent que notre naïveté nous protège et qu’à l’annonce de la mort d’un proche on répond :

« Quel bonheur de savoir que mon père a désormais rejoint le royaume du Seigneur ! »

Ou encore

« Bien sûr la mort de mon cousin peut pas paraître injuste, 7 ans c’est un peu tôt, mais il faut respecter le plan de Dieu ».

Je vous rassure, que dalle. La semaine dernière quand j’ai appris la mort de mon oncle, j’ai réagi comme n’importe qui. Pour être honnête avec vous, mes premiers mots ont été « Putain de bordel, c’est pas vrai ». Je peux vous dire qu’à ce moment les plans de Dieu je me les collais derrière l’oreille, le bonheur d’être assis à ses côtés pareil. Tout ce que j’ai vu, c’est ceux à qui il allait manquer, à mon petit cousin qui va naître dans quelques mois, à sa femme qui venait de prendre sa retraite, à l’injustice terrible de cette disparition soudaine. Croyant ou pas croyant, la douleur de la séparation est la même, la colère aussi. Dieu l’a dit « Il pleut sur les juste comme sur les injustes ». Dans la vie tout le monde ramasse, et tout le monde encaisse comme il peut. Ma religion ne me protège de rien. Et comme tout le monde je m’interroge.

 

Notre chemin à nous aussi est constamment habité par des « Mais comment tu peux laisser faire ça ? », les « si tu étais juste, ça serait jamais arrivé ». On a pas gobé une vérité toute faite balancée quand on avait 5 ans. On la cherche tous les jours que Dieu nous donne. Il m’a envoyé beaucoup de réponse, il me laisse avec encore plus de questions. Le doute fait parti de la foi, l’incompréhension aussi. C’est ce qui fait que mon chemin a de la valeur, et que je ne peux pas faire de plus beau cadeau à Dieu que de l’aimer malgré tout ça.

Jean-Marie, on pense à toi.

 

 

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11 commentaires to “Face à la mort”

  • Toutes mes condoléances pour ton oncle. On lui fera une place dans nos prières, à lui et à sa famille.

    Cet article est, encore une fois, très juste. Le fait que la vie éternelle rende la mort moins absurde ne la rend pas plus facile.

  • Non en effet. Passer de la vie à vie c’est un don de Dieu. Mais pour ceux qui restent derrière…

  • Merci pour cet article. Je pense que le livre de Job est hyper frappant sur cette question : quand il perd tout, ses enfants, ses biens, il crie sa colère au visage de Dieu. Mais sa colère n’est pas du blasphème, car c’est parce qu’il a confiance en lui mais qu’il ne comprend pas, qu’il dit : « Mais pourquoi tu fais ça ?! ». Quand Jésus sur la croix demande à Dieu pourquoi l’a-t-il abandonné, c’est le pleur du croyant, celui qui n’est pas protégé du malheur mais qui sait vers qui crier.

  • Le fait de croire en Dieu ne nous met à l’abri de rien, en effet, et autour de la mort encore moins…peut être sommes nous aidés dans notre tristesse, notre souffrance par le fait de croire qu’en effet, il y a une vie après…cependant, Dieu n’y est strictement pour rien, puisque depuis le déluge, il a fait le choix de ne plus intervenir dans la vie des hommes qui ne lui demandent pas. Nous ne pleurons pas sur la personne qui part, mais plutôt sur notre propre finitude dans cette chair. Il est clair que ceux qui restent vont devoir faire avec l’absence de l’être aimé, et pour cela il n’y a que le temps…Le plus dur c’est quand la personne nous quitte de façon brutale, nous n’avons pas eu le temps de lui dire au revoir, qu’on l’aime, qu’on lui demande pardon si on l’a blessée, etc. Tout le rituel engagé dans la célébration de la sépulture, peut permettre cela. S’exprimer, dire qu’on a mal…et seulement demander au Seigneur de nous aider à porter cette douleur, il ne la porte pas à notre place.
    Ma maman a quitté ce monde le 11 septembre 2010. Ma foi m’a aidé à tenir debout, elle n’a pas empêché l’impact de la douleur…
    Bon courage à cette famille endeuillée…
    Bon courage à toi, et merci de partager ces moments…De tout cœur avec vous…

  • En effet, déjà entendu. 4 000 fois.

  • Mes condoléance à toi et à ta famille,ce que Dieu attend de nous c’est que nous ayons confiance surtout dans la difficulté et comme ont dit « Omnia in bonum » (la seule chose que j’ai retenu a mon cour de latin de cette semaine)…

  • La douleur aveugle la foi. En pleurant la mort de son ami Lazare, le Christ ne voyait plus qu’il pouvait le ramener à la vie illico. En pleurant sur sa propre mort, le Christ ne voyait plus que son Père allait pas tarder à le ressusciter. Donc c’est vrai que dans ces situations de grande douleur, on a un peu tendance à oublier notre béquille de la marque Foi. Or manque de bol, on nous dit que si on croit c’est justement pour ces moments-là !? Cherchez l’erreur de raisonnement ! Y en a encore qui parlent sans savoir ! Chers amis incroyants, demandez-nous d’abord !

    • Tout à fait d’accord avec ce commentaire.
      C’est bien pour cela que nous devons prier les uns pour les autres,
      Parce que ceux qui sont confrontés à la mort, à la maladie, à l’épreuve, peuvent être momentanément incapable de prier, il est indispensable que les chrétiens autour d’eux prient pour eux: c’est cela l’Eglise.

      Lorsque Jésus était au jardin des oliviers et que ses disciples s’étaient endormis, qui sait si les femmes ne priaient pas pour Lui?

      Que Jean-Marie repose dans la paix du Christ et que le Seigneur console tous ceux qui le pleurent.

  • J’ai des témoignages que je n’aurais jamais pensé recueillir un jour à propos de la mort dans la Paix. Ces moments là, ils sont vraiment rares : celui qui va mourir le sait, il est entouré des siens, il est croyant, eux aussi la plupart du temps. Ils l’assistent, prient pour lui, avec lui. Il s’endort dans Sa Plénitude.
    Toutes les autres morts sont violentes, injustes, moches, précoces et laissent les survivants tristes, abasourdis, révoltés…
    Il faut une sacrée dose de foi pour prendre le dessus plus vite que le temps « normal » du deuil : foi en Dieu, en soi, en la vie, en l’avenir.
    J’entendais l’autre jour le papa d’un petit parti à 3 ans à cause d’une grave maladie. Il rapportait ce mot de son aîné se voulant consolateur : « il n’est pas mort trop tôt, il est parti parce que c’était la fin de sa vie… » Si on arrivait à intégrer et à assimiler ça, l’existence de Dieu, c’est sûr, nous apparaîtrait comme une évidence. Non pas qu’Il l’ait « voulu », non pas qu’Il l’ait « programmé », simplement, Il lui a donné cette part de divin qui le rendait unique à nos yeux, alors que sa vie terrestre s’inscrivait dans une Histoire pleine d’individus et d’aléas.

    • J’aime énormément, je le mets sur le groupe facebook demain matin tiens.

    • Sublime. Merci.

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