Atterré devant la nouvelle pub « Athena, les génies du slip », j’ai soudain ressenti un besoin désespéré de faire un geste pour sauver la race humaine. Ça me prend de temps en temps, cet espoir insensé de remettre le monde dans le bon sens. La dernière fois c’était devant la saison 2 de Platane, y a une semaine. Vraiment il fallait que je trouve un truc, mais quoi ? Chose inattendue, c’est Loulou mon bon vieux coloc de l’EM qui s’est fait Ange Gabriel pour un soir. On discutait sur facebook car le gars est un pur génie de Candy Crush, un vrai titan du bonbon rayé, et fallait absolument qu’il vienne me débloquer le niveau 79. Au milieu de la négo, je lui demande s’il est retourné à la messe depuis juin dernier. On y était allé ensemble, Loulou mettant les pieds dans une église pour la première fois depuis disons…le crétacé inférieur*. Réponse : non. Bizarre, il était motivé pourtant, doit y avoir un souci quelque part, et en effet « j’ose pas y aller parce qu’il y a personne pour m’aider quand il faut dire les trucs »… Sérieusement.

 

candy crush

 

Si son « génie » si particulier a vraisemblablement bouffé la place d’autre chose dans son cerveau, il m’a néanmoins montré la voie pour mon geste envers l’humanité. En vrai 90% des gens captent pas un broc de ce qui se passe à la messe. Un tiers en latin et le reste dans un vocabulaire d’avant le baptême de Clovis, ça aide pas des masses** à la compréhension. Or pour apprécier une chose et y trouver du sens, il faut la comprendre un minimum. Alors ne me remercie pas, ô Humanité, aujourd’hui je t’offre ce petit guide de survie à la messe. Pas le temps de rentrer dans le détail de la liturgie, malheureusement va falloir survoler, mais à la sortie j’espère au moins que la structure sera un peu plus claire pour certains. Et si vous doutez encore de l’importance de la messe dans une vie de catho, c’est cet article là qu’il faut aller lire. C’est parti !

 

La messe, c’est pas compliqué. Pour une fois les cathos se sont contentés d’un truc simple (merci les gars !), un petit plan en deux parties avec intro et conclusion. Tran-quille. T’as eu 8 au bac français, et encore t’es tombé sur le seul thème que tu maîtrisais ? Aucun souci, tu devrais tenir le coup. Le schéma est simple :

Intro : on se prépare à vivre cette messe

I)  Liturgie de la Parole

II)  Liturgie de l’eucharistie

Conclusion : rentrez chez vous dans la grâce de Dieu le Père, et accessoirement juste à temps pour la fin du Canal Football Club

 

Introduction

La messe, c’est une rupture avec le quotidien, une bulle où tu te consacres entièrement à Dieu. Si t’es en train de te marrer comme une baleine parce qu’un pote vient de t’envoyer par Iphone le « topito du siècle », c’est pas gagné d’avance. Mais t’inquiète, les anciens l’avaient prévu. Alors ils ont calé une jolie intro qui permet de bien se mettre dedans.

 

Top 11 des combinaisons de joueurs débiles qu’on peut faire dans un FIFA

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Acte pénitentiel
On demande pardon à Dieu devant nos frères pour nos péchés. Pas pour culpabiliser à mort, simplement pour qu’il nous en débarrasse et que notre cœur se rapproche de lui lors la suite de la célébration. On chante alors le Kyrie Eleison (Seigneur prends pitié).

 

Gloria

Chanter un Gloria (Gloire à Dieu) au début de la messe je vous fais pas un dessin. Dieu vient de nous laver de nos fautes, alors on exprime notre gratitude en reconnaissant sa graaaandeur.

 

Liturgie de la Parole

Maintenant, c’est du sérieux. Pour un chrétien, entendre des textes de la Bible n’est pas complètement inutile, ça occupe donc logiquement un bon tiers de la messe. Les textes du jour sont les mêmes dans toutes les églises du monde. Aux îles Fidji par exemple, ils liront la même lettre qu’à La Courneuve, sauf qu’en sortant ils iront nager avec les tortues. Ça, à La Courneuve c’est en option.

 

1ère Lecture

90% du temps ça tombe sur un texte de l’Ancien Testament, les premiers temps de la révélation de la parole de Dieu. Indispensable. Et puis Ancien Testament = moyen de se marrer. Moïse par exemple, vous saviez qu’après avoir détruit le veau d’or, il a fait boire les petits bouts qui restaient à ses potes pour les punir ? Un an avant, le mec balançait quand même des pluies de grenouilles en Egypte. Un marrant le Moïse…

 

Psaume

Ancien Testament aussi. J’adore les psaumes. Un psaume, c’est une prière écrite pour s’adresser à Dieu quand tu ressens un sentiment particulier. Il y en a pour la colère, la peur, l’amour, tout ! Les psaumes c’est le top. Si je vous dis «Le Seigneur est mon berger je ne manque de rien», c’est sûr que vous l’avez déjà entendu, non ? Bah c’est le psaume 22. Il y en a d’autres où le mec parle d’éparpiller les ennemis de Dieu façon puzzle, ce genre de réjouissances.

 

2ème Lecture

Une lettre, la plupart du temps de Saint Paul. Il écrit aux églises naissantes, quelques années après la mort du Christ, pour les guider un peu. C’est concret, et on s’en inspire toujours aujourd’hui pour vivre en chrétien. C’est une immense source de conseils, et un bon réservoir à coups de pressions.

 

Evangile

Le prêtre amène la Bible en la tenant biiien haut en l’air, tout le monde chante “Alléluia” (Gloire à Dieu Le Retour), même si t’es une buse en messe tu sens qu’il se passe un truc important. Paul, Abraham et autres loosers du genre à la trappe, fini les seconds couteaux. Là c’est la vie de Jésus lui-même, et donc les paroles les plus importantes.  Avec à la clé la probable histoire d’un serviteur qui s’avère être un sale rabouin, et se fait donc dégommer par son maître comme Cialis il se doit***.

 

Homélie (ou sermon)

Si connaitre la vie de Jésus est assez indispensable pour qui se veut chrétien, encore faut-il la comprendre. Et pour ça, recevoir l’explication d’un gars qui a étudié la Bible pendant 6 ans au séminaire, ça peut valoir le coup. Dix minutes avec un pro des textes c’est Lebron James qui coach ton shoot, ça se refuse pas. En plus, il fera des liens entre les textes que t’aurais jamais vu. Jésus sort pas de nulle part, il accomplit quand même un peu l’Ancien Testament… Le Messie quoi.

 

Profession de foi

Tu viens d’entendre parler de Jésus pendant vingt minutes, c’est le moment d’un rapide bilan : le Credo (Je crois en Dieu). Mémo express de tout ce en quoi croit un catho. Si t’as du bol c’est le facile (Symbole des apôtres), sinon c’est celui que personne connait (Symbole de Nicée), et là une seule technique pour s’en tirer : Chirac à la finale de la coupe du monde 98.

 

 

Prière universelle

Des laïcs (des pas-prêtres) montent vers l’autel pour lire aux fidèles les prières du dimanche. Une prière pour 1° L’Eglise, 2° Le monde, 3° Ceux qui souffrent et 4° La communauté. Propre. Classe. Clic clic Bam signé Michel. Si t’es un gamin du caté et qu’on t’a filé cette mission, oublie Jésus c’est TON moment de gloire. Mais respecte bien les deux règles de survies : “Ne pas lire trop vite” et “Parler dans le micro”, sinon pure honte pour ta famille (on parlait de la pluie de grenouille, bah c’est une possibilité).

 

Chacun a entendu la Parole de Dieu, a largement de quoi méditer pour le reste de la semaine, il est temps de passer à la seconde partie : L’Eucharistie (aka le bout de pain tout plat).

 

Liturgie eucharistique

Je manque forcément de place, mais vous trouverez le texte intégral de la prière Eucharistique ici.

 

Prière eucharistique

Elle commence avec « Le Seigneur soit avec vous ». C’est tout simplement la préparation à la communion, le partage du pain et du vin. Chacun va recevoir le corps et le sang du Christ, comme il nous a demandé de le faire lors de son dernier repas (La Cène, article sur la question ici). C’est pas un geste symbolique ou je ne sais quoi, on croit vraiment que le pain et le vin deviennent le corps du Christ.

 

JPII

 

Sanctus

C’est un chant repris en choeur, « Saint Saint est le Seigneur Dieu de l’univers ». Rien de très surprenant, follow the lead. Bonus track : si tu sais pas quand te mettre à genou, bah c’est juste après (rien d’obligatoire).

 

Sanctification

Le prêtre demande à Dieu de sanctifier le pain et le vin pour qu’ils deviennent vraiment son corps, puis rappelle les gestes de Jésus pendant la Cène. Le célèbre « Il prit la coupe ». Là t’as 80% des mecs qui parlent en même temps que le prêtre, pour bien montrer à leur voisin qu’ils viennent souvent à la messe, eux.

Avant d’aller communier, comme on a pas été élevé chez les chiens, le prêtre dit une prière pour les défunts, le Pape, l’évêque du coin ce genre de babioles. Puis les fidèles récitent la prière « reçue du sauveur », Le Notre Père. Oui parce que le Notre Père c’est Jésus qui l’a enseigné aux disciples, c’est pas le Pape Urbain-Mike 4000 qui l’a pondu un matin en se disant que ça sonnait bien ( Matthieu (6: 9-13) et Luc (11: 2-4).

 

Geste de Paix

Pas aller trop loin sinon ça fait « mec qui gratte l’amitié », pas rester dans son coin pour pas passer pour un kosovar, la paix du Christ c’est un dosage. Moment redouté des novices, faut pas s’en faire une montagne. Evitez de répondre « merci » comme mon pote la dernière fois, et ça devrait bien se passer.

 

Communion

Si t’es dans une église de gens bien élevés, t’auras juste à suivre le mouvement qui part du fond. T’y vas si t’as fait ta première communion, sinon t’évites (une histoire d’enfer ou un détail de ce genre). T’évites aussi si t’as passé la messe à chercher d’autres topito marrant sur ton Iphone, encore plus si c’était dans l’onglet « sexy ». La communion est un sacrement, si t’es pas préparé c’est moyen niveau respect. Même remarque que pour la paix du Christ, le « merci » ça fait tâche, quand tu reçois l’hostie le mot que tu cherches désespérément c’est « Amen ».

 

Conclusion

Voilà, la messe est presque finie. Presque, alors tu restes à ta place.

 

Annonces

Moment Bricomarché de la messe, tu trouves de tout. Si t’as du bol, tu récupères juste les horaires de la semaine suivante, si t’en as pas, c’est 15 personnes qui se ramène pour faire leurs annonces d’une voix monotone les yeux vissés sur leur feuille pour réclamer des chefs scouts.

 

Envoi

Le prêtre béni l’assemblée, dernier signe de croix et la messe est finie, c’est le moment de mettre tout ça en pratique. Pour une fois t’étais pas paumé, et tu te dis que finalement la messe y a pas plus classe dans l’univers. Avant de te caler devant Sochaux – Valenciennes, tu écris un petit commentaire sur Kto and the City pour remercier le blog d’avoir changé ta vie.

 

Si vous avez la moindre question n’hésitez pas à la poser dans les commentaires, y aura tout un tas de gens  bien plus précis que moi pour y répondre, et si elles sont nombreuses j’en ferai une FAQ la semaine prochaine. Si vous avez des Loulou dans votre entourage, faites tourner mais surtout, dites leur que j’ai absolument besoin d’aide à Candy Crush.

 

 

*Pour les moins informés, ça fait entre 146 et 100 millions d’années

**J’ai pas réclamé de changement hein, me faites pas dire ce que j’ai pas dit

***Conclue par une remarque foireuse de disciples toujours un peu à côté de la plaque. Le schéma classique quoi.

 

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63 commentaires to “Petit guide de survie à la messe”

  • Bon, ça fait un moment que je suis ce blog avec attention, donc j’y vais, je me lance, premier commentaire (j’essaye d’être constructif).
    D’abord, j’aime la façon dont tu abordes avec humour et décontraction le déroulement de la messe. C’est résumé, pas tout à fait précis (quelques petites inexactitudes à mon sens mais on va pas chipoter) mais abordable pour le premier venu.
    Cependant, sur l’Eucharistie, je note un oubli. C’est pas facile à expliquer mais c’est un truc tellement énorme que je ne pouvais pas ne pas le faire remarquer. La messe, et l’Eucharistie à plus forte raison, c’est un sacrifice, c’est LE sacrifice, c’est Son sacrifice. Bon je vous entends venir, ça y est on va partir dans la théologie de haut vol et le jargon incompréhensible. Non, ce que j’expliquerai en quelques mots c’est qu’au moment de l’Eucharistie, on revit sous une forme non sanglante le sacrifice de Jésus sur la croix pour sauver tous les hommes. Comme si on se retrouvait un vendredi 7 avril, an 30, au pied de la croix avec Marie, Jean et les femmes. Et le voilà le truc énorme de la messe : Jésus est là, il s’est sacrifié, il est mort pour nous, mais il est quand même là parce qu’il est ressuscité et qu’à chaque messe on actualise cette mort et cette résurrection parce qu’il nous a dit « faites cela en mémoire de Moi ».
    Voilà, ma petite précision simplement (en espérant que je me fasse comprendre, sinon n’hésitez pas à me frapper et me maudire !)

    • Sinon, soit dit en passant, je suis aussi bloqué au niveau 79 XD

      • Bon, il est super tard, je vais pas en écrire trois tonnes pour une fois.

        D’abord UNE FAUTE d’ORTHOGRAPHE: la raison OFFICIELLE. C’est juste avant le plan de la messe.

        Bravo, c’est bien joué, il fallait avoir le courage de s’y coller. Tu t’en doutes, j’ai un exemplaire du même article à ma sauce! J’étais super fier de voir qu’on se ressemble pas mal!!
        Aussi… quelques ad-ons!
        Pour le Gloria, c’est un poil léger mon garçon!
        Gloria (seulement le dimanche et les fêtes). Voilà, tout le monde est bien installé, on s’est salué, on a exprimé notre indignité d’être présent à une célébration aussi formidable, on a reçu l’assurance de la miséricorde (= il est sympa il nous aime il nous pardonne) de Dieu, on est en paix, laissons éclater notre cri d’acclamation. Très ancienne hymne, tout le monde la chante… Tout cela… dans la gloire ! Prière sublime, elle mérite vraiment d’être lue et méditée, priée plus souvent. Pendant la messe, c’est un chant qui doit péter la super classe! Si t’es à coté de sorties des trompes de l’orgue, tu ressors en prime avec un effet coiffé d’enfer (enfin, on se comprend…).

        Parole de Dieu: tous ceux qui sont présents sont des disciples. Et un disciple, ça a forcement un maître. Donc on écoute le MAÎTRE. Et le maître c’est Dieu, donc on écoute la Parole de Dieu. Donc on écoute… la Bible.

        Profession de foi: On a été bien enseigné par la Parole de Dieu (les lectures) et l’homélie du prêtre. Maintenant on dit qu’on est d’accord et qu’on veut rester. Pour rester, il faut dire qu’on croit! Sinon, l’eucharistie time n’est pas franchement accessible…

        Après la profession de foi, c’est clair, il n’y a plus que des chrétiens présent (ou alors des gars qui veulent vraiment le devenir). Donc on peut célébrer le repas des chrétiens. Revenir sur le sacrifice, c’est quand même honnête à ce moment-là, thurif a raison. Il faut bien passer par là à un moment. En insistant bien sur le fait que Jésus se sacrifie POUR NOUS SAUVER, c’est de cela dont on célèbre le mémorial.

        Voilà voilà, il est tard et on pourrai en mettre des tartines. Je crois que ça aide à comprendre l’enchaînement.

        À plus cher Kto!! Et merci!

        • Candy Crush niveau… 107!!!

        • Salut Zythan, ça fait quelques articles qu’on t’avait pas vu ! Super explication pour le déroulement, vu comme ça c’est tellement logique. Merci pour la contribution ! Pas besoin d’en mettre des tartines, t’inquiète, c’est hyper clair comme ça. Pouce vert. Mais pouce rouge de revenir cinq minutes après dans un commentaire juste histoire de laisser son score Candy Crush…

          • Ca c’est juste parce que tu es jaloux et que tu n’arriveras jamais seul à ce niveau.

    • Salut Thurif, merci de t’être lancé !
      Je pense qu’en effet, la notion de sacrifice manque. Je vais ajouter ça, sans elle impossible de bien comprendre le sens du reste. Je vais aussi mettre un article vers le vendredi saint.

      Ce n’est ni très précis, ni exhaustif, je l’admets volontiers, ce n’est pas le but parce que ce n’est juste pas possible. Sinon tu fais un article de 100 000 signes et personne ne le lira. L’exercice est périlleux sur un sujet aussi sacré ;)

      Le 79 me rend ouf, je suis dessus depuis trois semaines. C’est juste pas possible ce truc !

  • C’est donc le moment de faire le chieur.
    J’ai quelques remarques!! ^^
    Normalement, l’homélie ne fait pas partie de la messe, c’est-à-dire qu’elle n’a pas de fonction liturgique: pour bien signifier qu’on y assiste pas de la même manière qu’aux autres moments, il faut que le prêtre fasse un signe de croix avant et après en disant « Au nom… ». C’est TRES IMPORTANT parce que le discours humain explicatif, aussi utile et profond qu’il soit, ne doit pas être confondu avec les fonctions liturgiques de préparation à la réception du Très Saint Sacrement.
    Pour le Credo, lorsque tu dis qu’avoir celui des Apôtres c’est plus de chance, je ne suis pas d’accord. C’est, comme tu le dis, le moment où la communauté paroissiale manifeste son appartenance plus large à tout le Corps Mystique du Christ (aka l’Eglise) en disant ce qui fait cette unité: une même croyance. Du coup, c’est quand même dommage de réciter un Symbole qui, aussi vrai et profond qu’il soit, manque quand même de certaines précisions. Pour combattre les hérésies des premiers siècles, on a quand même ramené tous les évêques du monde connus pour établir la Foi, ça a pris des années (et même une baffe, donnée par Saint Nicolas à Arius tellement il n’en pouvait plus de ses hérésies), je trouve quand même étrange de le zapper juste parce qu’il est plus long. C’est justement parce qu’il est long que l’Église est restée intègre. Du coup, petit conseil, pour le mémoriser, le mieux c’est de l’apprendre sur une mélodie (et de préférence pas un truc complètement niais de garderie!). Perso c’est comme ça que j’ai fait, et en géorgien, s’il vous plait, ça marche du tonnerre.
    Pour la prière eucharistique, il faut dire que normalement, ce n’est en aucun cas aux fidèles de la lire. C’est une résurgence, due à la réforme liturgique issue de Vatican II, de l’usage de la litanie, disparu dans la tradition latine (on en garde seulement le Kyrie, qui est en fait une longue série de pétitions). Or une litanie, c’est une série de demandes formulées par le prêtre qui, en tant que pasteur, dirige son peuple dans la prière et en oriente les intentions. Ajoutons qu’idéalement, chaque intention proposée doit s’achever par une invitation à prier (« prions le Seigneur »), et la réponse doit être « Seigneur prends pitié », sans quoi il y a redondance et inutilité.
    Pour le caractère obligatoire de l’agenouillement lors de la consécration, honnêtement, si. Il est seulement prévu que les personnes physiquement empêchées en sont dispensées et doivent s’incliner profondément. On ne lève la tête que pour adorer le Très Saint Corps et le Très Précieux Sang lors de l’élévation, signalée dûment par des clochettes (et de la crécelle durant le Carême, véridique ^^) et non pas un gong ou autre exotisme. Le mieux, par ailleurs, c’est de rester à genoux jusqu’à avant le Notre Père, c’est la norme, et la respecter permet de ne pas voir les fidèles se relever en désordre et quand ça leur chante. Du reste, il est strictement interdit de dire en même temps que le prêtre les prières de consécration, ou d’enchérir par dessus lui sur la doxologie (« Par Lui, avec Lui et en Lui… ») – à laquelle on n’intercalera pas des Amen pour faire plus joli.
    Idéalement, les annonces se font après le tout dernier signe de croix qui clôt la messe, pour bien les séparer des fonctions liturgiques et sacramentelles. Et puis, même après la fin, c’est mieux si les annonces ne sont pas des trucs terre-à-terre, les Saintes Espèces descendent tout juste dans le gosier, mieux vaut rester hautement spirituel et inspirant jusque là.
    Je sais que je suis lourd, mais y a quand même des trucs importants dans tout ça, pour éviter de faire de la liturgie, comme le disait Benoît XVI, « un moment d’auto-célébration qui perd de vue l’essentiel ».

    • Je suis certain que ces remarques sont justifiées et fondées. Cela dit, à ce moment là tu pars du principe que Vatican II sur certains points, et les prêtres sur tous les autres ne sont soit pas aptes à célébrer correctement la messe, soit à la faire suivre correctement par les fidèles. C’est assez grave tout de même !

      • Il ne me semble pas avoir dit que Vatican II se soit trompé sur la liturgie. C’est même bien le problème: ce sont des gens très peu scrupuleux qui se sont précipités pour faire dire n’importe quoi à VII et pour instaurer des délires dans leurs paroisses qui ont amené tous ces abus. Le concile en lui-même n’a pas parlé de la moitié de ce qui se voit dans certaines églises.
        Pour les prêtres, en revanche, malheureusement, c’est vrai. Je vais tout de suite déminer le reproche que l’on pourra me faire à ce sujet: je me permets de critiquer les actes, et non les personnes. Il y a, et c’est triste à dire, un grand nombre de prêtres trop peu formés durant le séminaire sur les questions liées à la liturgie et qui font un peu n’importe quoi durant la messe. Or, les textes sont clairs: il est interdit de retirer, d’ajouter ou de modifier quoi que ce soit à la liturgie, même pour un évêque.
        Cela ne veut pas dire que les prêtres concernés seraient « non aptes » à bien célébrer. Cela veut juste dire qu’il faut qu’ils soient plus fidèles au missel romain et aux instructions du magistère pou que leurs fidèles puissent assister à une liturgie aussi belle, digne, et nourrissante que possible.

    • C’est curieux, à moi, un prêtre m’avait que « c’est le sacrifice de Jésus qui nous met debout et par conséquent, c’est à ce moment-là de la messe que l’on devrait être debout, si on tient à être à genoux on peut le faire tout le reste du temps (et en particulier pendant la prière universelle) ». Par contre on s’incline à l’élévation, ça s’est obligatoire.
      Je note une autre omission, c’est l’Agnus Dei. C’est vrai qu’il est de plus en plus souvent dit à voix basse par le prêtre après le geste de paix, ou chanté pendant le geste de paix, et on a tendance à les confondre alors que c’est très différent. Le geste de paix, à ma connaissance, est facultatif. En revanche, après le Notre Père, le prêtre rompt la grande hostie, et la désigne de la main, et on chante ou dit ce qu’il désigne : « Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde, prends pitié de nous (x2) Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, donne-nous la paix » (d’où le geste de paix). En latin ça donne Agnus Dei qui tollis peccata mundi, miserere nobis (x2) Agnus Dei qui tollis peccata mundi, dona nobis pacem. Ce qui m’amène à une remarque supplémentaire : il n’y a pas que du latin qu’on ne comprend pas dans la messe, 90% des gens ne le savent pas mais « kyrie eleison » c’est du grec !

  • La Paix du Christ est effectivement assez angoissante pour les newbies, je confirme :D

    • Là je vais quand même dire que la paix du Christ telle qu’elle a été instaurée par le Novus Ordo est assez mal comprise: c’est normalement un geste liturgique que s’échangent uniquement les clercs à l’autel. J’ai encore du mal à comprendre pourquoi il s’agit maintenant de le faire soi-même aux voisins…

      • Dans les Eglises orientales d’ailleurs, le geste est très différent : le prêtre « donne » la Paix du Christ aux servants de messe qui vont à leur tour la distribuer aux fidèles. Le prêtre présente ses mains jointes au servant qui passe les mains sur celles du prêtre, et les joint à son tour. Une sorte de « transmission » à travers les mains.
        Et je dois reconnaître que ça donne quelques effets comiques quand les novices occidentaux veulent à tout prix serrer la main du servant qui leur présente ses mains jointes « couvertes » de paix de Christ qu’il suffirait de ‘ramasser ».
        Mais on ne peut pas distribuer le mode d’emploi à chaque messe…

  • Carole Rousseau… La vanne est juste magique ! Quoique pas forcément accessible pour tout le monde. Bel article, je n’ai pas autant de choses savantes à ajouter que mes prédécesseurs, mais ça ne m’empêche pas de te dire merci !

  • C’est peut-être idiot comme question, mais je crois que c’est article est aussi (surtout) pour les gens comme moi qui n’y connaissent rien ou presque. A la communion, on m’a dit que je pouvais y aller même sans avoir faire ma première communion en croisant les bras, finalement non alors ?

    J’aimerais une explication, mais simple et courte s’il vous plaît^^

    • Tu es autorisée dans certaines églises à, lors de la communion des fidèles, aller aussi te présenter au prêtre les bras croisés, si tu n’es pas catholique ou que tu n’as pas fait ta communion solennelle. En voyant ce signe, il fait un signe de croix sur ton front et te bénit, en général, mais justement, il ne te donnera pas la communion.
      Si jamais il te la donne alors que tu fais ce signe-là, c’est grave.

      • Grave, grave… Bon, l’erreur est humaine. Y a pas mort d’homme quand même. Juste un faux pas qui doit être expliqué sans s’énerver, sans malédiction ou excommunication prononcée ou alors on devient Pharisien.
        Ca devient grave si le geste se perpétue avec une interprétation erronée et qu’il est transmis comme tel. Ca tient du faux-témoignage.

    • Merci ! Oui en effet, je pensais plus à c que ça donnait plutôt qu’à vraiment recevoir la communion. Plutôt que de rester à sa place, je préfère y aller et moi aussi faire quelque chose « d’actif » ! Et puis c’est bête, mais je me sentirais moins mise à part.

  • Je suis désolé mais je vais pousser un coup de gueule là. Des articles sur le déroulement du culte y en a mille sur internet, j’en ai jamais ouvert un. C’est long, je comprends rien, je vois pas où on veut en venir.

    Là j’ai lu, c’est une intro c’est clair, mais je comprends et c’est « rapide ». Si je veux approfondir au moins maintenant je sais quoi chercher sur internet, j’ai mis un pied dedans et c’est le plus difficile. Mais derrière lire voir des commentaires de 10 000 lignes sur « il faut ajouter ça, et ça, et là tu es pas assez précis », ça me donne vraiment pas envie ! C’est une main tendue à ceux qui sont un peu perdus (je crois), c’est dommage que ça devienne un truc de savants de la théologie qui s’échangent des pavés…

    • Je suis assez d’accord avec le terme « intro ». Il y a beaucoup de choses plus précises sur internet, mais plus difficile d’accès, il faut s’accrocher. Question de public !

      Une question par contre : La messe de semaine a la même « valeur » que la messe du dimanche ? Elles peuvent se remplacer ?

      Je veux bien une réponse courte et concrète aussi ^^. Je pense que beaucoup de gens ont des questions très « pratiques » comme moi. Ne nous faites pas trop peur !

      • La messe en semaine a de la valeur comme toute messe, mais le premier impératif de la vie liturgique reste la messe du dimanche. Rien ne peut la remplacer (la messe du samedi soir, si le prêtre a bien dit ses vêpres avant, se déroule dans le dimanche liturgique, donc elle ne remplace pas la messe du dimanche, elle EST la messe du dimanche) ou dispenser d’y participer.

  • Le Pape Urbain-Mike 4000 ? T’as des soucis, vraiment hein…

    Puisque Clara s’est lancée, ça me débloque un peu. Moi aussi j’aimerais bien savoir une chose. Deux en fait.

    1° Est-ce qu’on peut assister à la messe sans être baptisé (ce n’est pas pour moi, mais je n’ai aps la réponse)

    2° Où je peux trouver les fameuses « choses à dire » ? Je ne vais que peu à la messe, mais parfois j’essaie, tout le monde autour de moi c’est quoi répondre, je me sens vraiment idiot. Ca me met mal à l’aise, l’impression de pas être à ma place. Y a les textes sur internet ?

    • On peut bien sûr aller à la messe sans être baptisé. Il fut un temps où les catéchumènes (non baptisés mais voulant l’être) étaient renvoyés de l’église à la fin de la liturgie de la Parole, mais il y a belle lurette que ce n’est plus le cas. C’est même très bien d’assister à la messe quand on est pas baptisé, ça fait déjà rentrer dans les Mystères que célèbre l’Église.
      Pour les réponses à dire, je te conseille d’acquérir un Missel, c’est-à-dire le livre contenant tout le déroulé de la messe. Tu y trouveras tout ce qu’il faut dire, à condition bien sûr que le prêtre qui dit la messe à laquelle tu assistes n’invente pas ou ne supprime pas des passages.

  • Cet article est génial. Juste génial génial génial. Merci !!!

    Je n’ai pas appris beaucoup de chose (même si la lecture était sympa), mais je sais très bien à qui je vais le faire tourner tout de suite !!!

  • Moi j’ai appris un truc, et pourtant j’y vais à la messe. La honte putain. J’avais jamais calculé les mots (je suis allé vérifier sur internet) « la prière que nous avons reçu du sauveur ». En effet Jésus l’a dicté aux disciples. Bah je le savais pas…

  • Merci pour ce topo qui m’a bien fait sourire. J’y vais de temps en temps et quand je dois faire une lecture, je demande encore aux copines quand y aller !.
    Ecrire une prière universelle, c’est pareil, j’ai à chaque fois besoin qu’on m’en rappelle la structure !

    Merci, je vais m’en servir comme « pense Dieu » (et pas bête).
    Isabelle

    • Pa-reil !

      Quête, lecture, tout ça, je suis touuuuujours en flippe.

      j’pense que j’suis pas le seul à attendre que tout le monde me regarde pour être sur que c’est à moi !

  • Orthographe 0 comme d’hab,
    Fond 20, comme d’hab,
    Forme 20 comme d’hab.

    Dis donc, ça change pas beaucoup, hein !

    Si Affeninsel et Zythan sont diacres ou prêtres, leur intervention est totalement justifiée et ne fait que correspondre à des com. Pas obligé de les lire, voya. Mais quand il s’agit de rectifs, vaut mieux.

    En revanche ils auraient pu en dire un peu moins long, on est vite perdu en théologie.

    • Pourquoi, il faut être diacre ou prêtre pour parler liturgie? ^^
      Et je peux te dire que j’en ai encore en réserve à dire, là!! :p

      • Je n’en doute pas !!

        Non, mais sans blague, j’ai dit diacre ou prêtre parce que je respecte infiniment la fonction qui colle le mieux au sujet.
        On peut être parfaitement laïc et être fortiche en la matière, ok, ok.
        C’est juste que je n’ai pas encore eu l’honneur de rencontrer un de mes semblables passionné de liturgie, domaine que je n’ai pas l’habitude de comparer à la biologie animale ou aux langues orientales.
        Mais chapeau.

        • Je rejoins Affeninsel sur ce point, pas besoin d’être diacre ou prêtre pour parler de liturgie. Après comme tu dis, ce sont souvent les premiers à qui il revient de la mettre et normalement de l’expliquer. Mais on voit très bien que Kto se débrouille pas mal non plus en ce qui concerne un petit éclairage.
          Sinon, ça existe des passionnés de liturgie : j’en suis moi-même un et c’est bien ce qui m’a motivé pour commenter (enfin).

  • Bonjour,
    Merci pour cette intro.
    Concernant la liturgie, je me demande toujours naïvement si des règles si précises (Affeninsel, quand tu dis, « il est strictement interdit de.. » ça me fait fuir et me met mal à l’aise) sont si « importantes ». Je sais, je vais faire bondir certains , mais quand on me dit « Tu vois, dans cette église, le chant d’envoi n’est pas liturgique, ou on ne doit pas s’asseoir après avoir communié ou l’inverse, les lecteurs doivent rester debout… », bref, ça m’énerve un peu.
    J’aime aller à la messe, je suis consciente que la liturgie est importante et qu’on ne peut pas faire n’importe quoi, mais parfois, j’ai l’impression que la lettre remplace l’esprit.

    • Aile, pour moi la forme ne fait que suggérer le fond . Debout pour le respect, assis pour mieux écouter, à genoux (quand ce n’est pas allongé..) en guise d’adoration en soumission .. pour moi ces postures ne sont que des suggestions (personne ne te virera manu militari si tu écoutes l’Evangile assise). Non, il n’y a rien d’obligatoire dans la forme, d’ailleurs Il respecte trop notre liberté pour cela . C’est le fond qui compte, ce qui permet des messes super sur un surf dans la neige, dans un carré lors d’un mouillage sauvage, en surnombre au sommet d’un pic rocheux … sans bien sûr respecter les postures recommandées … ni les mépriser pour autant.

      • Et j’oubliais … merci et bravo KTO pour ce post !!!

      • Un plaisir ! Merci pour le com ;) Tu sembles avoir fait des messes dans des endroits un peu spé !

      • Le fond n’est en aucun cas à séparer de la forme. Il ne faut pas confondre la prière personnelle, durant laquelle la sensibilité de la personne peut et doit s’exprimer pleinement, et la liturgie, qui est le Sacrifice du Christ reproduit de manière non-sanglante par TOUTE l’Église pour le salut des fidèles. Dans ce cas, c’est l’Église qui est détentrice de la liturgie, et si elle la modifie, c’est intégralement, pour tout le Corps Mystique du Seigneur, selon des critères objectifs répondant aux besoins du culte rendu à Dieu. Il n’est donc pas possible de la modifier selon des sensibilités, parce que c’est déjà un recul de l’unité de l’Église.

  • C’est vrai que j’aurais tendance a dire qu’il ne faut pas tout mettre sur le même plan. (Perso j’ai toujours vu les annonces avant la bénédiction donc, dans la messe). Après c’est vrai que j’appuierai en particulier sur deux moments où faut quand même essayer de faire gaffe: l’offertoire et la communion . C’est vrai qu’un séminariste nous avait dit une fois que tant qu’on gérait sur ces moments là, ils nous couvrait auprès du padre pour les autres.

  • Dans un contexte où le sens du Sacré est en voie de perdition (20 000 Lieues sous les Mers…), on se rend compte à quel point le décalage est grand entre initiés et profanes ou balbutiants.
    Le relativisme a dilué une grande part de nos connaissances et des basiques pour pouvoir les transmettre correctement. Preuve s’il en est qu’Eve n’aurait jamais dû croquer dans la pomme, quand on sait pas gérer, on s’abstient. Mais bon.
    J’ai tendance à penser que les rituels ne peuvent s’enseigner QUE quand ils sont compris. Cela ne me gênerait pas de voir se développer dans les églises un cercle d’initiés (des Affeninsel, Thuri ou autres, pas nécessairement des religieux), situés au plus proche du chœur, qui, unanimement et rituellement servirait de modèle à des fidèles souvent empêtrés dans leur gaucherie naturelle et compréhensible, leurs gamins, leurs Smartphones et leurs doigts dans le nez.
    Peut-être que ça se transformerait en spectacle, mais peut-être pas. Les chorales sont bien concentrées, elles,. Ca n’empêche pas les autres de chanter.
    Avant, le célébrant faisait souvent un geste suffisamment significatif pour que le troupeau se lève ou s’assoie.

    • Pourquoi « avant »? Sur des assemblées de « jeunes » avec une moyenne d’âge de 15/16 ans, le padre indique au besoin d’un signe les moments où il faut se lever ou s’asseoir. Et le portable peux permettre de suivre la messe, pour avoir les textes des lectures par exemple.

      • Le mieux ce serait quand même que chacun sache quand s’asseoir ou se lever. Au bout de dix ans de fréquentation, il serait quand même temps, je pense.
        Pour le texte des lectures, il y a la Lecture qui sert à ça, justement, je ne comprends pas vraiment l’intérêt d’avoir sous les yeux ce qui est lu.
        En revanche, Filou, si les cercles d’initiés servent juste à regrouper les initiés, c’est dommage. Il faut que ceux qui sont renseignés transmettent un minimum aux autres pour qu’il n’y ait pas d’ignorance généralisée. Après, il est certain qu’il faut encore qu’ils soient écoutés et pas regardés comme des intégristes.

        • Non bien sûr, l’idée du cercle d’initiés est juste pour donner à observer une action commune, uniforme pour ne pas être perturbé dans l’effort de comprendre. Mais il est évident que le but est de transmettre au mieux.
          Au niveau de l’aumônerie de l’école publique, il y a déjà un travail de dingue pour essayer de pousser les jeunes à aller à la messe. Les situations familiales sont souvent telles qu’ils sont livrés à eux-mêmes.
          Le post de KAC va me permettre de poser quelques questions déjà pour savoir o^ils en sont. C’est déjà ça…

          • Je rejoins Filou sur ce point qu’il y a un énorme travail qui est fait et qui encore à faire et à poursuivre en ce qui concerne la pastorale liturgique. On parle d’ailleurs beaucoup des jeunes mais un nombre énorme de chrétiens adultes sont loin de comprendre la signification des rites de la messe : comment voulez-vous que les gosses pigent quelque chose après… ? En ce sens l’initiative de notre blogueur est d’autant plus louable.
            Après comme le dit Affeninsel, le risque c’est que les initiés restent entre eux et deviennent une sorte de spectacle. On se couperait alors du principe de « participation active » voulu par Vatican II en revenant à une situation antérieure où évoluaient en parallèle la liturgie du prêtre et de ses servants (le missel ne prévoyait pas « l’existence » d’une assemblée) et celle d’une assemblée spectatrice, priant dans son coin.
            Par expérience personnelle j’ai pu constater qu’une des meilleure école pour la liturgie, c’est le service d’autel. Certes les plus jeunes ne comprennent pas forcément tous les enjeux mais c’est une manière de se familiariser avec les rites de la messe, de les connaitre, de s’y situer et petit à petit de les comprendre un peu plus dans le fond.
            De même, d’après mes observations, « l’animation » liturgique est également une excellente manière de se former.
            Après dans les deux cas il faut évidemment être formé et coaché par des gens un peu compétents.

        • Pardon mais avoir le texte, quand on entend comment certains lisent, c’est souvent bien utile. Parfois ce sont les enfants du caté qui balbutient un peu sur tous les mots et ne parlent pas dans le micro, et d’autres fois ce sont des plus grands, ou même des adultes, qui lisent à toute vitesse et sans articuler. C’est déjà pas toujours facile de les comprendre en « conversation », mais dans un micro ça devient vite la misère (surtout quand, la population du village ayant diminué de moité en un siècle, l’église est très vide les dimanches ordinaires). Alors peut-être faites-vous partie d’une paroisse où les lecteurs sont toujours des gens qui savent faire, qu’on a formés pour ça, et vous avez de la chance, mais dans le petit patelin de mes parents, je peux dire que si on avait dû écarter tous ceux qui lisaient mal -et qui ne comprenaient pas pourquoi ils devraient faire un effort, eux ils se comprenaient-, on aurait vu les 5 mêmes personnes à longueur d’année…

  • Tes articles sont toujours bien fait et souvent très drôles, donc merci!!!

    • De rien ! Merci à toi surtout, c’est vraiment cool de prendre la peine de me l’écrire.

      • Tu veux que je te l’écrive aussi ?

  • J’aurai du prévoir…
    Il ne fallait rien rajouter à ton article KTO, je suis désolé. Des qu’on parle de liturgie, on a droit ensuite à des commentaires à n’en plus finir, dont je n’apprécie pas beaucoup le style. J’ai participé mea culpa!

    • Ta réponse m’a vraiment apporté un truc, je préfère que tu l’aies faite ;)

    • Désolé Zythan, je ne comprends pas très bien ce qui a cloché ? Les posts c’est fait pour être commenté non ?

  • Honnêtement, je crois que l’on a pas assez dit combien il est courageux de ta part, Kto, de rédiger un article sur la liturgie.C’est un sujet difficile, parfois pas bien compris, et qui souffre de son lot de récupérations idéologiques (dixit François).
    Mais avant tout tu as eu à l’esprit d’offrir une initiation, quelques repères essentiels pour ne pas être perdus dans une célébration. Evidemment que ce n’est pas précis, pas exact au millimètre près, mais ça n’a pas vocation à l’être. En revanche ça peut apporter un peu de fraicheur pour ceux qui connaissent déjà, et être carrément une révélation pour des gens pas du tout habitués (et ça éviterait de voir des scènes comme les assemblées de première communion où la moitié des gens envoie des textos ou écoute de la musique).
    On peut apporter une précision, je l’ai fait, mais une multitude de détails, d’explications trop minutieuses relève avant tout de la mise en œuvre de la liturgie et n’a pas tellement sa place ici. Le grand avantage de cet article, c’est son accessibilité. Je pourrais le balancer aux petits de huit ans de mon groupe de servants d’autel ils comprendraient (bon l’humour peut-être pas… ^^ »)

  • Merci Kto
    Je vais dans le sens d’Aile et Obouill…J’ai du mal avec les obligations en matière d’agenouillement ou de messes du dimanche qui valent plus que celles de semaine. Moi j’aime les deux! :) le Christ est présent dans l’Eucharistie, c’est cela qui compte.
    Ceci dit je suis pour les messes classiques, je redoute certaines fantaisies ou improvisations qui peuvent altérer le sens des mots, par exemple.
    Comme Obouill je pense que le geste accompagne un élan intérieur. Il y a des moments où s’agenouiller est presque irrésistible parce que la prière est intense, profonde et qu’on en ressent le besoin.
    Kto, tu devrais peut-être définir d’emblée les termes « liturgie » et « eucharistie », non? Ou peut-être que je n’ai pas vu?
    Bonne soirée et bon dimanche!

    • Je confirme, l’envie de s’agenouiller est irrésistible quelques fois. Le besoin de recueillement est alors absolu. Je n’ai pourtant pas essayé depuis longtemps de peur de ne pas arriver à me relever (si si…).
      J’envie tous ceux qui le font naturellement. Et qui savent ne pas résister inutilement.

  • Y en a plein d’autres, mais celle-là c’est du vocabulaire catho alors je pouvais pas la laisser passe, il faut corriger tout de suite : Hostie. « Ostie » c’est une ville. Je ne m’offusquerai pas si ce commentaire est supprimé après correction de l’article.

    • Pas de souci Agnès, si tu veux me signaler les autres par mail je prends aussi !

  • très bonne initiative ce plan de la messe malgré quelques(je suis sympa!!!) fautes d’orthographe et oublis (vite repérés par certains!)
    J’ai lu tous les commentaires et bien que certains soient très pointilleux je pense que le plus important c’est de comprendre que la messe c’est le moment où nous sommes tous réunis en Famille et là je parle au sens large: diversité de parcours , de couleurs , de sensibilité ! nous sommes les membres d’un seul corps et même si nous venons d’horizons differents nous venons nous nourrir à la même source.
    Hier j’ai accompagnée une amie à la Chapelle de la médaille miraculeuse (rue du Bac Paris) messe un mardi à 15h30 l’église est « archi pleine » et l’assemblée est un véritable « inventaire à la Prévert » variété de couleurs ,de tenues , d’expression de sa foi( ceux qui dansent , qui avancent à genoux, qui suivent les lectures sur l’ipad….) bref un condensé de notre monde…mais quelle unité dans la prière !!, surtout lors du Notre Père qui est alors récité dans plein de langues mais c’est Notre Père à TOUS et nous sommes SES ENFANTS alors d’accord dans une famille il y a des divergences de point de vue , de style de vie , de comportements et heureusement sinon on seraient des clones .Mais l’important donc pour la messe c’est que l’on se retrouve en FAMILLE , notre famille chrétienne .
    Bien sûr que les rituels sont importants à respecter et à suivre mais vouloir les imposer d’emblée à quelqu’un qui fait la démarche de venir à la messe c’est aussi risquer de le dégoûter .
    Savoir s’adapter devrait être le maître mot et parfois une messe en pleine air comme celle des JMJ où les rituels divergent, est beaucoup plus sincère et profonde qu’avec une assemblée faite dans un même moule!
    En tous cas bravo pour cet article!

  • Ce n’est pas la première fois que je viens sur ce blog et comme je l’aime bien, je me fends d’un premier commentaire.

    Je vais en mettre une petite tartine (mais c’est parce ce que je suis un vieux machin qui ne peut plus faire court) au sujet d’une omission qui me paraît importante : l’offertoire. Je sais bien que c’est un terme désormais peu connu et qui désigne un moment qui passe malheureusement assez inaperçu. Il est pourtant essentiel.

    L’offertoire se situe entre la liturgie de la Parole et la grande prière Eucharistique. Vous savez, c’est le moment où le prêtre dit « Tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain et ce vin, fruits de la terre et du travail de l’homme. Nous te le présentons : il deviendra le pain de la vie et le vin du royaume éternel. » (Bon d’accord, la plupart du temps, on ne l’entend pas parce qu’il y a une super chorale ou un vieil harmonium essoufflé qui couvre sa voix.) Mais vous pourrez facilement vous repérer : c’est l’étrange ballet des enfants de chœur avec les burettes.

    Que se passe-t-il à ce moment-là ? C’est l’entrée dans le vif du sujet ! Je vous livre rapidement quelques points, mais qui mériteraient d’être creusés.
    Nous offrons le pain et le vin en sacrifice, de même que le Christ s’est lui-même offert en sacrifice sur la croix. C’est aussi le rappel de la filiation avec les sacrifices de l’Ancien Testament qui n’est donc pas aboli, mais accompli. Le symbole, c’est la présentation des offrandes.
    Nous montrons notre participation en tant qu’homme et notre union au sacrifice du Christ, vrai Dieu et vrai homme : ces offrandes viennent du travail des hommes et nous les offrons volontairement. Le symbole : la goutte d’eau que le prêtre met dans le vin.
    Le prêtre demande à Dieu à être purifié de ses péchés. Symbole : le prêtre se lave les doigts. (Non, ce n’est pas parce qu’il est arrivé avec les mains sales).
    Enfin, le prêtre encense l’autel, les offrandes, la Croix, puis l’enfant de chœur encense le prêtre et les fidèles (vous savez, le servant qui agite le machin qui fume et qui fait tousser. Ou qui fume pas du tout quand le gamin s’est planté). L’encens traduit l’honneur que l’on doit à Dieu seul, et on reconnaît par là la présence de Dieu, notamment dans chaque personne assistant à la messe (bcbg pas, riche ou pas, laide ou pas et ça marche dans tous les sens : ouvrier ou rentier odieux, racaille ou brave gars, croyant ou pas…).
    Et nous concluons – trop souvent sans réfléchir : « Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise – Pour la gloire de Dieu et le salut du monde. »

    C’est donc l’introduction à l’Eucharistie, célébration du sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ présent sous les espèces du pain et du vin. Avant, nous étions enseignés pendant la liturgie de la Parole. Le prêtre qui a agit jusque-là en tant qu’homme va dans quelques instant agir « in persona Christi » c’est-à-dire « dans la personne du Christ ». Pendant l’offertoire, nous sommes au seuil du mystère.

    Voilà, c’était ma petite contribution. Bonne continuation.

  • il manque la quête!!!!!!!!! mais sinon tout y est…

  • C’était super drôle.

    Perrine Le Nézet

  • D’abord : BRAVO! C’est un super article explicatif, pédagogique et drôle..

    2 remarques :

    - sur la messe du dimanche (et fêtes) : il ne faut pas oublier que elle n’est pas juste plus solennelle, plus longue, plus animée. Elle est juste INDISPENSABLE.
    (oui, je sais, au niveau du catéchisme, on peut d’obligation, de péché mortel en cas de manquement grave).

    Genre, tu traverses un désert, tu as ton coach et ton ami qui te balises bien le trajet, avec toutes les oasis où le retrouver pour faire le plein et te reposer, et toi, tu te dis, « non mais là il y a des super fenecs trop marrants, j’ai encore plein de réserves d’eau, l’oasis ce coup-ci je la zappe » :
    * c’est insultant pour ton coach et pote (bon, le Seigneur est évidemment bien plus que cela, mais c’est AUSSI cela)
    * ça te met en danger

    - sur la liturgie et son respect : moi, ça me fait penser (toutes proportions gardées) au Monopoly. Typiquement le genre de jeu simple au départ, et BOURRE de règles maison (qui joue encore sans mettre une cagnote au milieu qui se ramasse avec la case « Parc Gratuit » alors que ce n’est nulle part dans les règles?

    Eh bien, essayer d’imposer un agrenouillement (entre ceux qui se relèvent après l’anamnèse (« IL est grand le mystère de la foi ») et ceux qui restent agenouillés jusqu’à la fin de la prière eucharistique (se relevant après le « Par lui, avec lui », avant le Notre Père, ceux qui refusent obstinément de se lever lors du « Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice » mais qui se léveront d’un seul coeur au « le Seigneur soit avec vous », les annonces qui précèdent la bénédiction (un peu de réalisme, après l’envoi, la majorité des gens partent!), les chants d’envoi/sortie qui ne sont pas liturgiques mais extrêmement nombreux…

    (pour le coup, le signe de croix avant/après l’homélie, je regarderai mieux mais je ne l’ai JAMAIS vu faire. Je suis preneur des références dans Sacrosanctum concilium, car je n’ai malheureusement pas le temps de les chercher)

    Tout cela n’empêche pas d’avoir des messes très priantes et très valides. Et je trouve que l’on est TRES loin de « Il n’est donc pas possible de la modifier selon des sensibilités, parce que c’est déjà un recul de l’unité de l’Église. »

    Par contre, mettre en avant l’importance de l’offertoire et de la communion, donner une bonne place au chant (et oui, je sais, que « toutes choses égales par ailleurs, le chant grégorien devrait avoir la première place dans la liturgie » et je déplore qu’il ait beaucoup de mal à reprendre pied dans les paroisses), ne pas tronquer les textes réels du Credo et du Gloria, bref, se dire que, sauf raisons pratiques valables, on ne touche pas à ce qui est bien décrit par le Missel, tout à fait d’accord.

    Faire le contraire, ce serait jouer à la Bonne Paye sur le plateau du Monopoly (pour un puriste).

    Et je voulais faire bref…désolé de la longeuur!

    • Concernant le signe de croix à l’homélie, je ne l’ai jamais vu faire même par des prêtres qui célèbrent de façon extrêmement rigoureuse en suivant scrupuleusement les rubriques du missel. Et de fait, ce n’est indiqué nulle part. Le missel et plusieurs instructions papales sur la liturgie indiquent que l’homélie est parfaitement intégrée à la liturgie de la parole, donc par extension de la messe et qu’elle est obligatoire, sauf pour raison grave, le dimanche et aux fêtes de précepte.

  • Dans ma paroisse, il y a une communauté tradi, et les prêtres commencent et terminent leur sermons par un signe de croix.
    Je pense qu’on a perdu l’usage après V. II, mais que ça reviendra quand un ponte aura relu le bouquin qui traine au fond de la bibliothèque :)

  • Article très amusant et agréable à lire, bravo !
    Il me reste cependant une petite interrogation, il est écrit qu’on s’agenouille après le Sanctus, mais quand se relève-t-on ?
    Je n’ai pas de repère étant donné qu’à l’église où je me rends les paroissiens sont tous trop âgés pour s’agenouiller.
    Merci d’avance pour vos réponses et pour ce blog qui aborde d’une manière inédite (pour moi en tout cas) la Religion.

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