Il y a deux manières d’aborder la semaine sainte. Soit on sort chaud bouillant du Carême, on a mangé des racines pendant un mois et construit un orphelinat au Mozambique, dans ce cas on est tellement dans l’esprit du truc que ça en devient indécent. Soit on la voit débarquer en se disant « et voilà, comme tous les ans je devais faire un tas de trucs, finalement je suis complètement à la ramasse » et on risque de passer à côté de la plaque. Avouez que pour la semaine la plus importante de l’année, ce serait un peu dommage…

Le souci, c’est que beaucoup de cathos comprennent mal le sens des jours qui arrivent. Tout le monde va à la messe de Pâques, c’est normal faut pas déconner, en revanche dans l’imaginaire catho-collectif les journées qui précèdent sont là pour « les mecs vraiment pratiquants ». Personne sait trop à quoi elles servent, en plus ça tombe en plein milieu de la semaine juste après le boulot ou une journée de cours, ça paraît pas vraiment indispensable. Y aurait d’un côté les mecs qui font les choses « normalement », sans pression, et de l’autre les Sheldon Cooper de la religion qui frisent l’autisme à force de geeker la messe. Je le sais bien, j’ai vu les choses ainsi pendant des années !
Sauf que le jour où j’ai fait l’effort de vivre la semaine sainte dans son ensemble, j’ai presque changé de religion. Ce n’était plus le même Jésus, la crucifixion m’a touché très profondément, et comme toute notre foi part de là… Bref, ça a débloqué un paquet de choses en moi, c’était le déclic que j’attendais depuis longtemps. Non franchement, Carême réussi ou pas, catho pratiquant ou non, c’est le moment de tout envoyer.

 

 

Alors pour aider ceux d’entre nous qui sont un peu paumés, qui envisagent tout ça comme un puzzle d’un milliard de pièces, voici un rapide topo sur le déroulement de la semaine sainte, les moments clés qui la composent et ce qu’on attend de nous. Je vous glisse au passage les articles écrits l’an dernier (j’espère avoir le temps de les revoir demain) :

 

Dimanche des rameaux (si vous avez bien suivi, il est déjà passé)

A quoi il correspond : Le dimanche des rameaux nous rappelle le retour triomphant de Jésus à Jérusalem.

Quelle célébration : Messe des rameaux. Une messe comme les autres à deux détails près. Les rameaux bénis qu’on est tout content de ramener chez soit pour mettre derrière l’icône de la Sainte Vierge, et la lecture de la passion du Christ par anticipation. On permet ainsi aux gens de l’entendre même s’ils n’assistent pas au vendredi saint.

Article correspondant : A vos marques, prêts…

 

Lundi, mardi, mercredi

A quoi ils correspondent : Ben finalement pas à grand-chose. Vis ma vie de sauveur de l’humanité, Jésus devient champion d’Israël de Jokari et annonce plusieurs fois ce qui va suivre aux apôtres, mais ils ont un peu de mal à percuter.

Quelle célébration : Généralement on célèbre la messe chrismale un de ces jours-là. Autour de leur évêque, les prêtres bénissent les huiles et le saint chrême.

 

Jeudi saint

A quoi il correspond : On fait mémoire de la Cène, le dernier repas du Christ. C’est là qu’il institue l’Eucharistie et annonce qu’il sera bientôt livré. Le jeudi Saint marque l’entrée dans le mystère de la passion et la fin du Carême, on commence à taper dans le dur là.

Quelle célébration : Messe du jeudi saint (lavement des pieds inside)

Article correspondant : Tout commence ici

 

Vendredi saint

A quoi il correspond : Le Christ connait la passion. Il est crucifié pour racheter le péché des hommes. Laisser cette célébration de côté, c’est réduire Pâques au ramassage des œufs en chocolat. Je vous invite à lire l’article en lien un peu plus bas.

Quelle célébration : Chemin de croix puis célébration sans eucharistie.

Ce qui nous est demandé : Comme pour le mercredi des cendres, l’Eglise nous demande de jeûner, ou au moins de manger maigre (sans viande). Il est de tradition de voiler les crucifix.

Article correspondant : Ma vie personne ne me la prend, c’est moi qui la donne.

 

Samedi

A quoi il correspond : Le jeudi, Jésus annonce la passion. Le vendredi, c’est la douleur car il se donne en sacrifice. Le samedi représente l’attente, l’attente de la résurrection du Christ. Techniquement le samedi, il ne se passe rien, et la veillée pascale arrive à la tombée de la nuit.

Quelle célébration : La vigile pascale, la « veillée ». Elle symbolise l’attente de la résurrection du Sauveur, et a lieu dans la nuit de samedi à dimanche. C’est une messe accompagnée de la bénédiction du cierge pascale, de la litanie des saints, des baptêmes d’adultes et de la réaffirmation par l’assemblée des promesses de son propre baptême.

 

Dimanche de Pâques

A quoi il correspond : Trois jours après sa crucifixion, le Christ est ressuscité, joie dans tout l’univers. Toute notre foi repose sur cet évènement, Jésus a vaincu la mort. C’est la fin de la semaine sainte.

Célébration : Messe de Pâques, fête religieuse la plus importante du christianisme. Pour un catholique, elle est considérée comme obligatoire.

 

Voilà, j’espère que ce topo très rapide vous aura aidé à clarifier un peu les choses. Vous avez bien compris que cet article n’est ni très profond, ni très spirituel. C’est surtout pour que chacun s’y retrouve, une sorte de pense-bête. Pour entrer dans le détail de l’esprit des célébrations n’hésitez pas à retourner lire les articles de l’an dernier, j’espère qu’ils vous motiveront pour vivre les jours qui arrivent à fond. Quand on réalise ce qu’il a vécu pour nous, je crois qu’on comprend que notre Seigneur mérite bien ça…

 

 

Ps : Généralement c’est pendant la semaine sainte que ressortent, timing incroyable, les polémiques les plus violentes contre les cathos. Tout le monde se souvient ce que le Pape s’était mangé il y a quatre ou cinq ans. Je me suis encore fait la réflexion après avoir jeté un œil au documentaire de la 3 hier soir « la guerre perdue du Vatican », charge frontale pure et simple contre notre Eglise (la description était déjà surréaliste, j’ai pas été déçu…). Merci le service public.

 

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60 commentaires to “Petit kit de semaine sainte”

  • Je reconnais là ton esprit pratique ! Je relirai avec plaisir ton article sur le vendredi saint, je crois que c’est un de mes préférés…

  • Jacques regarde l’OM en ce moment tu crois ? Muahaha….

  • Clair, efficace, je note juste que t’as quelques soucis avec les majuscules ^^

    • Et pas qu’avec ça !! Mais bon, on fait avec, et puis, c’est la semaine Sainte… Jésus réssucite, KAC va peut-être renaître à l’orthographe, mais c’est pas sûr…

      La messe des Rameaux n’était pas mal. Grosse émotion de notre curé faisant brutalement, dans son homélie, un parallèle entre la souffrance du Christ sur la Croix, et la confession d’une prostituée découvrant Jésus : « comme pour Lui, ils m’ont arraché mes vêtements, ils m’ont humiliée… »

      Dans le parcours des 5èmes à l’aumônerie, il y a la reproduction du retable d’Issenheim de Matthias Grünewald (XVIème siècle).
      Le corps criblé d’épines. On lit sur ce Visage la SOUFFRANCE poussée à l’extrême. Un Christ exténué. Cette vision a arraché un cri de rejet chez certaines âmes sensibles.

    • Kto le dit très bien dans son article sur la passion, il faut comprendre la souffrance du Christ pour comprendre son sacrifice. On peut ne pas aimer ce qu’on voit, ça n’en rend que plus grand le geste du Seigneur…

      Et bienvenue à moi par ici ;)

      • Bienvenue à la maison !

        Y a quelques cas sociaux, mais tu devrais t’y plaire

    • Heureux de voir qu’on est tous d’accord sur la question. Sans la souffrance, je vois mal quel sens aurait eu le sacrifice du Christ (d’ailleurs y aurait-il eu sacrifice, pas sûr du tout).

  • Très bon article type « aide-mémoire » / « pense-bête » (pour les gens bêtes).

    Merci

    PS: tu as regardé le documentaire sur FR3 … qui passait à 3h du matin … Tu es en Chine avec ton frère c’est ça ?

    • Non, tu craques, c’est la redif du 6 qui est à 03h00. Là c’était du 23h, je suis un mec raisonnable. Mais sérieusement, ce reportage m’a rendu fou. Y avait tellement de parti pris, de flingage gratuit, c’en était indécent. C’est pas de journalisme, c’est de l’activisme…

  • Excellent résumé.

    J’ai regardé le reportage de Fr 3, c’est scandaleux.

  • Pour le reportage, j’ai un peu envie de dire que c’est dans l’ère du temps, entre ça et le cours sur le moyen-age de mon prof d’histoire dont le fil conducteur est: « Le but de l’Eglise catholique, c’est de faire souffrir les gens ».

    • Qu’est-ce que j’ai put mangé en cours d’histoire moi aussi… Ma prof de terminale lachait des trucs du genre « Lourdes, à l’heure où la foi commençait à décliner, comme petit miracle c’était tout de même bien pratique », j’en avais parlé dans un article je crois.

      Enfin bon, je n’arrive toujours pas à m’y habituer et je pense que c’est tant mieux. Venant d’un prof ou d’une chaîne publique il y a quand même quelque chose de dérangeat, une sorte de laïcité à sens unique.

      • A ça les cours d’histoires sur l’Église au moyen-age c’est quelque chose !

        Vous savez pourquoi l’Église a institué le sacrement du mariage? « Pour contrôler ce moment de la vie des gens »‘
        Et l’introduction sur les principaux dogmes… Le Baptême, l’Esprit Saint et la Vierge Marie. C’est déjà pas mal mais pas un mot de l’incarnation, de la Passion, de la résurrection, la miséricorde de Dieu. (On va pas leur dire quand même, il pourrait y en avoir un, ce crétin, qui se métrait à y croire… non mais quand même!!)

        Mais le top du top, je crois que c’était le début du cours sur le XVIIIème. L’espérance de vie à tellement augmentée au cours de ce siècle que…
        1) L’homme à vaincu la mort.

        Si si je vous promet.
        C’est quand même dommage d’avoir 18 siècles de retard et de croire que l’homme l’a fait tout seul avec ses petites jambes, enfin moi je dis ça je dis rien…

        Et la dernière en date, un très bon film pour comprendre un peux la Shoah…Amen
        Là, venant d’une prof d’histoire sa ma choque un peu vu le peux d’historicité de ce film…

  • Merci pour ce petit mémento bien pratique.

    Il est assez habituel, et plutôt naturel, de lire les jours saints selon un scénario chronologique : le jeudi saint, c’est le jour où Jésus institue l’eucharistie et lave les pieds de ses disciples, un jour « lumineux » (pour reprendre les mystères du Rosaire) ; le vendredi saint, c’est le jour de la Passion, le plus dramatique de la série, un jour « douloureux » ; le samedi saint, c’est un jour vide jusqu’au soir, avec la Vigile : jour de fête, jour de joie, jour « glorieux ».
    Le problème, avec cette présentation qui est dans la tête de tous les chrétiens, c’est qu’on spécialise le vendredi saint dans la douleur et le drame alors que, si on y réfléchit un peu, on s’aperçoit vite que le jeudi saint lui-aussi a une couleur dramatique.

    Il me semble qu’il serait préférable, mais beaucoup moins habituel, de relire chacune des trois grandes célébrations de ces trois soirs (jeudi, vendredi et vigile pascale) comme la reprise, par trois fois, de la totalité de ce qu’on appelle le mystère pascal, c’est-à-dire tout autant la mort que la résurrection du Christ. En fait, à chaque fois, on célèbre la totalité, l’intégralité du salut, avec une même thématique : celui-là qui a donné sa vie pour nous nous a sauvés et relevés avec lui.

    Jeudi saint : on célèbre le don de sa vie par le Christ, qui dépose son vêtement pour nous laver les pieds, comme il dépose sa vie sur la croix. Un don qui va à l’extrême, c’est-à-dire à sa mort. C’est la charité, l’amour puissance infinie. Célébration de sa mort figurée à la fois par son dépouillement pour nous laver les pieds et par l’offrande eucharistique. Célébration de la victoire de son amour par l’atmosphère d’intime chaleur, de douceur infinie : c’est là, dans ces gestes de l’amour, dans ces paroles eucharistiques, que le croyant reconnaît la vie nouvelle du Ressuscité.

    Vendredi saint : on célèbre le don de sa vie par le Christ, qui meurt en croix. La croix est acclamée et révérée, non pas d’abord comme l’instrument de supplice où il a été mis à mort, mais avant tout comme l’instrument de sa victoire sur la mort : il est mort victorieux ! Sa croix, horrible spectacle de torture, devient le signe du salut victorieux qui a vaincu la mort. On lit dans un récit d’une pèlerine à Jérusalem la description de la liturgie du vendredi saint à Jérusalem au IVe siècle : plus que les pleurs et les lamentations, c’est la joie et la fierté qui marque la célébration. La croix est vénérée non parce qu’elle est un instrument horrible de supplice mais parce qu’elle est devenue le trophée, le signe de la victoire du Ressuscité.

    Samedi saint : à proprement parler, un jour a-liturgique, vide. On attend. On attend. On attend. Jusqu’à l’éblouissement de la veillée pascale. Jour où le Christ descend aux enfers, c’est-à-dire avant tout où il va retrouver les justes du temps passé, ceux qui ont vécu avant lui (Adam, Abel, Noé, Abraham, Moïse, etc.) pour les rassembler tous, sans en perdre aucun, dans la puissance de sa résurrection.

    Vigile du samedi soir : une grande veillée de prière, avec beaucoup de lectures, parce qu’on va reprendre justement toute l’histoire du salut, de la création (Genèse) jusqu’au Christ, accomplissement de cette histoire du salut. C’est l’intégralité du salut qui est célébré.

    Bon, je suis trop long. Juste pour dire ceci : chacune de ces célébrations dit à sa manière le salut, tout le salut, et pas seulement tel ou tel moment de l’histoire de Jésus. On ne célèbre pas la mort de Jésus le vendredi et sa résurrection le samedi soir. On célèbre la totalité chaque jour, jeudi, vendredi et samedi soir.

    Désolé : je me rends compte que ça fait trop professoral. Je n’ai pas le bonheur de l’écriture de l’auteur de ce blog, dont j’aimerais bien, en passant, connaître le prénom pour pouvoir m’adresser à lui ! :-)

    Un dernier truc : moi, les rameaux bénis le dimanche des Rameaux, je les coince dans le crucifix, pas contre l’icône de la Vierge, ça me semble plus traditionnel et plus logique, d’une certaine manière. Est-ce que c’est une tradition quelque part de le mettre près de l’icône de sainte Marie ?

    • C’est pas plus mal: ton sérieux tranche avec le jem’enfoutisme-approximatif de l’auteur (que tu peux par ailleurs appelé « Jean-Luc M. »).

      J’ajouterai que je n’ai aucune idée du pourquoi du comment, mais c’est vrai qu’à la maison on met les rameaux derrière l’icône de la Vierge.

      Enfin, je note l’amusante idée de voiler les crucifix. J’ignorais mais ça se tient, le symbole est émouvant. C’est nos amis musulmans qui vont être content. Faut-il également voiler ma petite soeur ?

      • Pour ce qui est de voiler les crucifix, c’est particulièrement pratiqué dans les églises, à vérifier mais je crois que c’est aussi le cas pour les statues (La vierge Marie est donc voilée?). Pour ce qui est du rameau d’olivier, tu as toujours la solution de l

        • (désolé pour le double post, erreur de manipulation) de le placer à coté du crucifix et de la vierge Marie, ça résout le problème.

        • Il est de tradition de voiler toutes les sculpture présente dans l’église en signe de vide. Le Christ est mort. Point barre. Il n’y a plus rien. Le tabernacle est vide et ouvert après la célébration de la Croix, les saints sont voilés, pas de sacrements, pas de funérailles… Bref c’est la loose, Jésus est mort. On attend néanmoins dans l’espérance.

      • Tu te laisses aller. L’idée du voile sur le Cricifix dans les églises, ce n’est pas particulièrement
        « amusant », le symbole est fort. Très fort.

    • Merci Baz pour ton soutien inconditionnel et ta ferveur supportrice de chaque instant !

      Rémi, toi je te remercies vraiment en revanche. merci pour toutes ces précisions et les détails que tu apportes. Je ne trouve spas que ça fasse professoral, c’est clairement expliqué et c’est très bien ainsi.

      Je t’avoues que chez moi ça a toujours été derrière l’icône de la Vierge, mais je ne sais pas du tout d’où ça peut venir !

  • Top ton article! mais tu as juste oublié le lundi de Pâques!
    c’est le jour de la découverte de la ressurection par les deux Marie!
    et de la première réapparition de J-C
    a tt

    • Salut
      Le lundi de Pâques ne fait pas parti de la Semaine Sainte mais de l’Octave de Pâques (les 8 jours qui suivent Pâques).

    • Je rejoins Jéjé, qui fourni un appui logistique toujours aussi performant, la semaine sainte se termine le dimanche ! Mais ça valait le coup de mettre un mot là-dessus, j’en parlerai peut-être à nouveau plus tard.

      • Le lundi de Pâques n’est pas le moment où les deux Maries le découvrent (puisqu’elles annoncent bien la résurrection le dimanche)… mais simplement le reliquat des jours de l’octave de Pâques qui était chômés dans l’ancien temps (celui des colonies de vacances!). Pendant l’octave de Pâques, c’est Pâques tous les jours et on chante donc le Gloria à chaque messe par exemple! Youpi!

  • Dieu seul sait si je préfère me foutre de toi que de sortir des commentaires sérieux. Mais là, trouve toi une chaise, je vais te faire une déclaration.

    Ce que j’aime sur ton blog, c’est qu’il est sans concession, si tu veux faire des blagues affreuses tu les sors, mais quand t’as décidé d’être sérieux on sent que tu rigoles plus et que c’est important.

    Ton article sur le jeudi saint est clair, vraiment marrant et c’est presque une intro un peu sympa à la semaine sainte. Mais tu es capable de te débarasser de tout ça pour le vendredi et nous sortir un truc carré, profond et extrêmement respectueux. Ca te touche et tu le partages différement. Que tu saches passer de l’un à l’autre, et surtout que tu saches quand le faire, pour moi c’est la preuve de beaucoup de spontanéité et d’intelligence. J’aime ton énormément blog, et je t’aime bien un petit peu.

    Tu paieras ce commentaire pendant les 100 prochaines années, d’ici là Evian Thonon Gaillard aura gagné la ligue des champions, mais moi je te lacherai pas.

  • Tu vas peut-être trouver que je pinaille, mais je vais te contre-dire pour une fois.

     »
    Dimanche des rameaux (si vous avez bien suivi, il est déjà passé)

    A quoi il correspond : Le dimanche des rameaux nous rappelle le retour triomphant de Jésus à Jérusalem.

    Quelle célébration : Messe des rameaux. Une messe comme les autres à deux détails près. Les rameaux bénis qu’on est tout content de ramener chez soit pour mettre derrière l’icône de la Sainte Vierge, et la lecture de la passion du Christ par anticipation. On permet ainsi aux gens de l’entendre même s’ils n’assistent pas au vendredi saint.
     »
    Vrai et faux

    Ce dimanche qui marque l’entrée dans le Semaine Sainte commence en nous rappelant le retour triomphal de Jésus à Jérusalem, avec la bénédiction des rameaux et la lecture de l’Évangile correspondant.

    Mais ceci n’est qu’un prologue à la messe et prépare à la lecture de la Passion, qui n’est pas lue par anticipation comme tu le dis, mais qui constitue le cœur de la célébration.

    Et pour cause, ce dimanche ne s’appelle pas le dimanche des rameaux mais le dimanche de la Passion (et oui!), le prêtre et les décorations sont en rouge, comme pour le Vendredi Saint. Et le texte de la Passion lu n’est pas le même que celui du Vendredi car tirés de deux évangiles différentes et ils se complètent mutuellement. Il commençait d’ailleurs cette année par le Cène que nous fêterons demain.

    Le dimanche de la Passion est donc comme une « vue d’ensemble » du mystère de la rédemption avant d’y entrer plus en profondeur le jeudi et la vendredi Saint et de voir son plein accomplissement à la Veillée Pascale.

    Voila pour la petite précision sur la portée liturgique de ce dimanche .-)

    • Le retour triomphant… mouuais. La moitié de Jérusalem L’attend pour le mettre à mort. Il revient parmi ceux qui l’aiment pour accomplir les Ecritures.
      En réalité, l’Homme a les boules : relisez Mt 26, 38-39, Marc et Luc disent la même chose, mais ce que rapporte Jean (17) est… pathétique !
      Toute la dimension divine est là, … là, et elle est exprimée dans une prière d’Homme qui reconnaît sa nature divine et qui en même temps a tant éprouvé les faiblesses de l’homme… Il sait qu’Il va partir, que sa Mission est accomplie, mais en même temps Il demande que les Grâces nous assistent. On comprend alors que la Pentecôte est un dernier cadeau ! Il est parti mais Il nous laisse un sacré souvenir. L’Esprit Saint en personne.
      « J’ai veillé, et aucun d’eux ne s’est perdu… »
      « Je leur ai donné la gloire que Tu m’as donnée… »
      « Je leur ai fait connaître Ton Nom… »

      Que tous les détracteurs du christianisme se lèvent et me disent s’ils connaissent un taré humain capable d’écrire ça juste pour contrôler les naissances illégitimes ! Non mais des fois.

    • (Jéjé + Filou) vs Kto = Mutinerie

    • Jéjé, je suis assez convaincu par ton explication qui me semble logique, et je commence à te connaître assez pour savoir qu’il ne faut pas te chatouiller sur ce terrain là^^. Je me permets juste, si tu le permets hein, d’ajouter que ma justification plus « terre à terre » m’avait été donnée par un ami prêtre, je suppose donc que nos deux versions se complètent. Mais je me ferai reconfirmer cela.

      Filou, bien sûr la moitié des gens n’attendent qu’une chose, c’est de se débarrasser de Jésus. Mais en attendant, c’est une foule nombreuse qui l’accueille et qui crie  » Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur et le roi d’Israël !  » (Jean 12, 13). Si ça c’est pas faire un carton ! En revanche, je te rejoins complètement sur l’Homme lucide qui ne se laisse pas duper et se prépare déjà à affronter son destin. Je sais que la Passion du Christ te touche autant que moi, et j’espère que tu es prêt pour ce vendredi qui arrive !

      • Oui il y a peut-être de ça aussi mais mon curé à bien insisté sur la Passion cette année, il m’a dit qu’il y a même des évêques en Finlande ou en Suède (à moins que ce ne soit de Norvège, enfin vous voyez le genre de pays…) qui envisagent de supprimer le rite des rameaux pour recentrer sur la passion et éviter la superstition.
        Ce serait quand même dommage alors remettons la passion en valeur avant de les forcer à arriver à cette extrémité.

        PS: j’ai bien rigolé en lisant ton com

        Filou, même si c’est vrai que certains veulent voir Jésus mort déjà à son entrée à Jérusalem, la majorité de Jérusalem lui est véritablement acquise, à l’exception des pharisiens, des grands prêtres, bref, des notables de la Ville.
        En effet, il ne faut pas oublier que si Jésus vient à Jérusalem, c’est pour y célébrer la Pâques.
        Or il n’est pas le seul, et beaucoup arriveront après lui de tout le pays et même de tout le bassin méditerranéen, si bien que la population de Jérusalem est multipliée par 10 lors de la Pâques . Parmi tout ces nouveaux arrivants, la plupart viennent de trop loin pour avoir entendu parler de Jésus. En revanche ils connaissent le grand prêtre, autorité religieuse suprême des Juifs, alors quand Pilate leur demande qui ils veulent libérer de Jésus ou de Barabas (qui par ailleurs est un rebelle contre les romains et donc bénéficie d’une certaine sympathie des juifs), cette foule ignorante a vite choisi, et les habitants de Jérusalem restés fidèles à Jésus n’arrivent pas à se faire entendre. Pilate, lui, essaie de calmer la foule en faisant fouetter Jésus, mais n’y arrive pas, et viole de droit romain, qui stipule qu’un criminel ne peut pas être puni deux fois pour la même faute, par peur d’une émeute.
        Même le pire des criminels aurait été traité mieux que Jésus, mais lui à livré sa vie pour nous…

        J’espère ne pas trop vous embêter avec mes précisions historiques ;-)

        • Une pointe d’instinct grégaire à peut être aussi aidé au choix de barrabas.

          • Je vais essayer d’être pinailleur moi aussi : Ce n’est ni Barabas ni Barrabas, mais bien Barabbas, c’est-à-dire fils de Abbas.
            La foule… Quoi de plus bête.
            Nous avons relu quelques textes avec mes jeunes ce matin. Histoire de bien recaler les choses juste avant la Résurrection sans laquelle il n’y aurait pas de religion chrétienne.
            Je ne suis pas certain que ceux qui étaient « pour » Jésus aient seulement tenté de se faire entendre. Je n’ergote pas pour pinailler, là. Pierre, son plus proche disciple, l’a renié en 2 temps trois mouvements. Alors pensez… Nous sommes en pleine élection présidentielle. Combien d’entre nous vont voter en pleine conviction de leur choix ?
            Alors, une foule qui connaît à peine Jésus, ce type qui fait ou envoie des signes, quel est son poids face aux harangues des prêtres ? Retournée comme une crêpe, la foule.

            Bon enfin, je vous souhaite à tous de profiter pleinement de cette Résurrection. J’espère que certains d’entre vous connaissent des catéchumènes qui vont être baptisés cette nuit. Quelle chance !
            Bonne Pâque !

          • Oui, je te rejoins, ils n’ont pas fait les fiers et n’ont pas accouru pour défendre Jésus quand tous les autres se sont mis à hurler « crucifie-le ».
            Pour Barabbas (je l’avais taper sur google pour vérifier l’orthographe mais il semblerait que je ne soit pas le seul à faire l’erreur), a ton avis, quel est son prénom?

          • Eric-Emmanuel Schmitt pense que c’était Jésus (bon, il pensait aussi que Jésus-Christ n’était qu’à moitié sûr d’être le Christ, mais L’Evangile selon Pilate reste une lecture pas inintéressante).
            Je ne sais pas si des historiens se sont penchés sur le personnage de Barabbas, mais le contraire serait étonnant.

          • Effectivement Chamatou, les historiens pensent que c’est Jésus.
            Il voulait libérer la Palestine par les armes et je pense (il faudrait vérifié) que du coup il avait aussi des partisans qui le considérait comme la messie…et la foule préfère les armes…
            Mais Jésus (le vrai hein) nous montre un autre chemin, parfois bien difficile à suivre.

  • Ah génial, une « Semaine Sainte pour les nuls » ! Et +1 au commentaire de Rémi, très instructif.

  • Ouai bin je sais pas si il est profond et spirituel mais en tout cas il est bien utile ton article ! Le jeudi saint, c’est juste LA messe à mon avis. Je trouve le vendredi saint moins accessible, mais je vais aller lire ton article, ça remettra ptêtre les choses au clair ^^

    • Salut b,

      Le jeudi saint est plus factuel, je crois que Jésus prend bien la peine d’expliquer les choses, donc finalement on sait où il veut en venir. Le vendredi saint c’est du ressenti, c’est la souffrance, ça se vit avec les tripes. Et c’est aussi nettement plus difficile à affronter. J’espère sincèrement que mon article t’aideras un peu, sinon n’hésite pas à me le dire, que je sache s’il porte ses fruits ou s’il faut en réécrire un autre ;)

      Bienvenue !

      • Arrête, tu vas leur faire peur ! Pour avoir vécu des vendredi saints émouvants, ça serait dommage.

        • Pas de souci, il en faudra plus pour me faire peur ! :D
          Ton article m’aura poussée à aller à la célébration du vendredi saint, et c’était déjà pas gagné. Après pour le ressenti et tout, ça m’a remué, mais je reste un peu loin de tout ça actuellement donc bon voilà.
          (oui, je réponds en retard, mais je suis toujours en retard, c’est comme ça ^^)

  • Une toute petite chose: je comprends que pour des raisons pratiques tu ais mis « veillée pascale » dans le jour samedi, mais en fait le samedi saint… il ne se passe RIEN!
    C’est LE jour triste où Dieu est mort dans la personne de Jésus. Et on attend la résurrection. La Veillée pascale ne peut commencer qu’APRÈS la tombée de la nuit, et chacun sait que la résurrection a eu lieu à ce moment-là. Dans la nuit… on ne sait pas trop quand mais plutôt très tard vu que les soldats pionçaient. Mais si le curé de ta paroisse organise la veillée pascale à 3 heures du matin, il aura moins de monde. Quoiqu’il existe des communautés qui se débrouille pour que la fin de la célébration coïncide avec l’aube. Beau symbole!

    • En effet, il ne se passe rien le samedi saint. La veillée Pascale se déroulant le soir, selon la tradition juive, c’est le dimanche, vu que le jour suivant démarre à la tombée de la nuit. C’est pour ça que l’on peux donc fêter la résurrection du Christ le samedi. Après, de là à le faire coïncider avec l’aube, c’est sympa, mais ça doit nettement réduire l’affluence.

    • Vous avez raison, ça me paraissait clair de l’expliquer ainsi mais il manquait quelque chose. Je viens donc de modifier l’article en conséquence, merci à vous deux ;)

    • Il ne se passe rien le samedi parce que le big Boss est en train de se concentrer pour remplir toutes ses jauges de Ki et de Chakra. Ça prend toute une journée parce qu’il essaie de réaliser LE plus puissant de tous les jutsus, celui-là même qu’Orochimaru recherchait : la résurrection.

      Beau gosse.

      • Au secours ! Râaaah !

      • 1) La moitié des gens vont pas comprendre ton message. L’autre moitié sera affligée.

        2) On sait très bien qui t’es, pas la peine de prendre un pseudo

        3) Je me suis bien marré en lisant le comm.

      • PS : je l’avais dit : la Bible en manga comporte des risques !

      • J’avoue que je me suis bien marré moi aussi.

  • KTO, au sujet du reportage sur France 3 tu as raison, il est pas regardable… Je n’ai pas pu tenir jusqu’au bout! De toute façon c’est sûr qu’en donnant la parole à ce fou furieux d’abbé Laguérie en premier ( et en plus en coupant des extraits alors qu’il a même pas besoin de ça pour dire des énormités)… Ca partait mal!

  • Wahou… quatre commentaires, j’ai découvert ce blog il y a trois semaines et depuis j’y passe ma vie (non faut pas pousser).
    Désolé mais c’est encore pour une légère inexactitude… Tu dis que pour le dimanche des Rameaux on est tout content de ramener chez soit les rameaux bénis pour les mettre derrière l’icône de la Sainte Vierge. Dieu sait quel affection filiale j’ai pour la Sainte Vierge mais ça n’a pas de sens. Les rameaux sont le signe que nous reconnaissons Jésus comme « Celui qui vient au nom du Seigneur », comme le Roi éternel, le Messie d’Israël. Or, paf une semaine après, il est crucifié… Difficile de voir le Roi Éternel dans ce type défiguré et tout sanguinolant pendu à une croix. C’est justement pour réaffirmé que nous voyons en ce Crucifié notre Roi que nous mettons des rameaux derrière la Croix. Mais a priori pas derrière l’icône de la Vierge Marie (ou alors celle où Jésus est représenté bébé mais le lien avec la passion est moins évident, même si sur les icônes de Marie portant Jésus on trouve souvent les symboles de la passion.).

    Bon courage, ça devient pointu!

    • C’est vrai que c’est curieux, chez moi on a toujours mis les rameaux derrière la croix, mais à chaque région ses traditions.

  • très bonne idée ton article ! Un très bon moyen de découvrir ou REdécouvrir la Semaine Sainte ! :)

  • Bonne fête de Pâque à tous!
    Jésus est ressuscité !!!
    La Vie à vaincu la mort !!!
    Alleluia !!! :-D

    Envoyé par téléphone.

    • Alléluia!

  • Salut a tous,
    J’ai découvert ce blog il y a quelques jours… Et j’a

  • Salut,
    Vous avez du le deviner je m’appelle Emilie… et j’ai bientot 17 ans (hey oui KTO je pourrais presque faire parti de ton groupe d’aumonerie !)
    J’ai découvert ce blog il y a quelques jours… Et j’avoue que je le trouve super !!!

    Joyeuse Paque à tous !!
    Continue !!!

    • Bienvenu, en lisant ton commentaire, je me suis dis que ce serait marrant de faire un petit sondage pour savoir l’âge des visiteurs de ce blog.

  • Oui c’est vrai on pourrai avoir des surprises…

  • No i know. Thank you for sharing this.

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Bienvenue sur Kto and the city, blog catho décomplexé à l'humour décalé. Vivez les aventures d'un catho dans la ville, on décortique la Foi dans la joie, la bonne humeur et les vannes à pas cher. Mais surtout on assume à fond et on le vit bien.

 

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