Il y a des discussions qui sont parfaites pour être abordées à un moment précis, avec un timing assez simple à trouver. C’est le cas de l’éternel débat « doit-on laisser ramollir les céréales dans le lait avant de les manger ». Clairement t’en parles au petit dej’ ou au moment d’acheter les céréales en question. Pareil, quand tu lances la question de savoir si la sauce potatoes est vraiment faite pour les potatoes ou s’il faut y tremper son Big Mac, y a peu de chances que tu sois au resto japonais. Et puis il y a d’autres questions qui viennent un peu de nulle part, qu’on sait jamais trop quand et comment aborder. Il y a quelques mois, alors que j’habitais encore la Ville Lumière (Paris est magique*), j’ai ressenti le besoin d’aborder un de ces sujets avec mon débilos de frangin :

-            Au fait Basile, t’es au courant que le jour où je partirai rejoindre notre Père le Divin Créateur afin d’habiter sa demeure pour l’Eternité de toujours à jamais au plus haut des cieux, je suis ok pour qu’on donne mes organes ?!

-           Non, j’en sais rien. Au fait, redonne-moi l’adresse de la demeure éternelle là. C’est Jérusalem Céleste, 4ème District, rue des… »

 

Je le laisse terminer sa blague tout seul, il fait de toutes façons partie de ces gens qui rient de leurs propres vannes, et part interroger les autres membres de ma famille sur la question du don d’organes. Ca parait con, et évidemment tout le monde était chaud pour filer un foie ou un rein**, mais c’est un sujet qu’on n’avait jamais abordé ensemble. On prie tous pour que cela n’arrive pas, mais le jour où un infirmier te demande le droit de prélever un organe sur un proche, il est difficile de réveiller le mort pour clarifier la chose : « Eh s’te plait, juste un truc : le médecin a besoin de tes doigts de pieds. Vas-y, donne-lui, fais pas ta miche ! ». Comme l’explique Mgr Ricard, Archevêque de Bordeaux, l’absence d’information peut conduire au refus de la part de la famille.

« La famille, déjà bouleversée par la soudaineté de la mort, voit sa souffrance ravivée par la demande de prélèvement d’organes sur un être cher. Un tel désarroi amène plus d’une famille à refuser un prélèvement. »

Or en France, si 4 708 personnes ont reçu une greffe en 2010 (Youpi !), 15 619 sont toujours en attente d’un don ( Moins Youpi…).   Il est déjà difficile de prélever des organes sur une personne décédée (il faut qu’elle décède à l’hôpital, dans des conditions bien précises, etc…), mais l’absence de consignes claires laissées par le défunt rendent le prélèvement carrément impossible. C’est rageant. Ce qui est encore plus con, c’est que les gens sont dans l’ensemble assez chauds pour donner leurs organes puisqu’on tient tous un peu le même raisonnement : quand t’es passé du côté obscur de la force, t’en as plus vraiment besoin.

 

 

Alors pour vous inciter à faire le job en informant votre entourage que vous êtes bien un donneur d’organes en puissance, je vous balance l’argument massue : c’est pas moi qui le demande, c’est Jésus ! Eh ouais.  L’Eglise, en totale cohérence avec sa démarche de protection de la vie (Mise en garde conte la peine de mort, l’avortement, l’euthanasie et les savants fous par exemple), incite tous les croyants à considérer le don d’organe. Parce qu’on a beau être des attardés notoires à des années lumières de la réalité, en 1956 Pie XII approuvait déjà le don d’organe. En 1996, les évêques français rappelaient que si douloureuse qu’elle soit, « la mort peut ainsi devenir l’occasion d’un acte de charité d’une très grande valeur ».  Si ça c’est pas un appel du pied pour que les chrétiens s’inscrivent sur les listes de donneurs (ou fassent simplement connaître leur décision à leurs proches), je sais pas ce qu’il vous faut ! C’est ce que vous dira le catéchisme de l’Eglise, en précisant tout de même qu’il est interdit de prélever un organe sur une personne non consentante, de buter quelqu’un pour lui piquer son foie, ou de revendre des poumons sur E-bay. Pas de bol.

 

Benoit XVI, à l’époque où il n’était « que » le cardinal Ratzinger, possédait lui-même une carte de donneur d’organe. Vous me direz c’est normal, en Allemagne des Döners on en trouve partout. Bref. Une fois devenu Pape, cette carte n’était plus valable, ce qui a poussé certains à remettre en question la ligne de l’Eglise sur le sujet (ou à râler pour râler, choisissez la version qui vous convient). Naturellement rien n’a changé et le Saint Père lui-même encourage toujours fortement ce don. Vous trouverez la réponse de Rome ici, mais pour faire court au moment où l’on devient Pape, on fait don physique de son corps à l’Eglise. « Le corps d’un pape appartient à toute l’Eglise universelle (…). Il est donc compréhensible qu’à sa mort le corps d’un pape soit conservé intégralement ». Mise au point rapide mais nécessaire.

En somme, si vous aviez un a priori ou des hésitations sur le don d’organe pour des raisons religieuses, soyez rassurés : on vous demande exactement l’inverse !  Accepter d’être donneur, c’est prendre conscience de la Fraternité qui lie les hommes. Si comme le dit Saint Paul nous ne formons qu’un seul corps, il est temps de passer des paroles aux actes. Et de dire à vos proches que vous acceptez de prêter vos jouets.

 

Vous pouvez commander gratuitement votre carte de donneur sur le site de l’Associations pour le Don d’Organes et de Tissus humains

 

 

* Pour ceux qui ne sont pas convaincu, regardez « Ratatouille » et « Les Aristochats ». On attend encore un dessin animé potable sur Marseille…
** Une fois mort, faut pas déconner non plus !

 

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32 commentaires to “Dire oui au don d’organe”

  • Sujet important, c’est bien d’en parler. Gros bug d’affichage nan ?

  • Oui, et ça me l’avait jamais fait. Comme je suis un jambon j’y comprends rien…

    • Eva Joly ferait bien de se lancer sur ce genre de sujet, ça lui réussirait peut-être mieux !

      Blagues à part, incroyable qu’aucune candidat ne parle de ça…

  • Et si le pape démissionne ? (j’ignore si le c’est le terme approprié, mais je sais que c’est théoriquement possible) Son corps appartient-il toujours à l’Eglise ?

    • Je t’avoues qu’on rentre dans du droit canon hardcore, et un cas hyper particulier. Mais ça doit dépendre de la manière dont ça se fait, si c’est pour tout lâcher d’un coup et claquer la porte ou simplement laisser à un autre le soin de continuer la mission. J’imagine, mais j’en sais rien.

      Quoiqu’il en soit, à partir d’un certain âge, quels organes peut-on encore utiliser ?

      • Certes, dans la pratique de toute façon il est rare qu’un organe pontifical soit en état d’être donné ^^
        Mais sur le principe ça me surprend, voire me choque un peu, que le pape ne puisse pas donner ses organes. À moins que ce soit pour éviter que le receveur se transforme en relique vivante ?

      • A l’origine c’est un peu ce que je me demandais un peu, si ça risquait pas de faire l’objet de dérives.
        Moi ça ne me choque pas dans le sens où la dépouille du Pape a une très forte dimension symbolique, et que ce n’est pas valable pour les autres très hauts dignitaires (style cardinaux justement).

        Ca me paraissait important de montrer que pour des sujets en accords avec ses valeurs, l’Eglise peut très bien coller avec des réalités très concrètes et son temps de manière générale.

  • Un article comme ça ça na pas de prix! (la veille d’un examen de santé publique tu parles d’une coïncidence.. ^^) !
    ps: en théorie c’est surtout l’absence de refus qui est compte, les proches ayant un rôle juste informatif, mais bon en pratique…
    ps2: pour le don c’est plus l’age physiologique qui compte pour le prélèvement .

    • Mais vu l’âge moyen où on devient Pape, même l’âge physiologique pour donner ses organes est dépassé.

    • Courage pour ton exam ! C’est un signe, tu peux que cartonner là.

  • Pour Marseille y a les lascars ? ^^

    J’ai adoré la blague sur les doners !

  • Bravo cet article et son humour décalé.
    Parler ainsi du don d’organes, cela fait du bien dans le contexte actuel.
    J’espère que les internautes seront nombreux à demander leur carte, signe de solidarité par excellence.
    Pierre NOIR
    vice-président national de FRANCE ADOT

  • Très bon post !

    Je reste néanmoins sur ma faim pour ne pas avoir eu la chute de la vanne sur l’adresse de la demeure éternelle.

    Mention spéciale pour les « Döners » :)

    PS : derrière mon attrait pour cet humour inégalable je n’en demeure pas moins sensible aux idées développées. Odé

  • J’y avais jamais pensé…

    J’avoue que c’est bête, je ne sais pas pourquoi. Et pourtant en y réfléchissant un instant, je suis complètement pour.

    • D’ou l’intérêt de cet article.

  • C’est hyper important d’en parler !

    Et je suis sur que certains croyants se posent la question de savoir q’ils ont le droit ou pas de donner leurs organes (Respect du corps, tout ça…).

    Il faut dire autour de soi que l’on est donneur !

  • Etant cousin germain du fondateur de l’association TRANS-FORME, dédiée à la « survie » psychologique, par le sport, des transplantés/greffés, lui-même 4 fois transplanté, je n’ai aucune réserve sur le sujet. Il faut en parler et en reparler.
    L’aventure humaine rebondit d’une façon extraordinaire avec une véritable renaissance des malades concernés. Leur vision du monde est différente. Je regrette que dans notre monde, la reconnaissance mutuelle entre le donneur (ou sa famille) et le « donné » soit rendue impossible par des obstacles juridico-machiavéliques basés sur les instincts les plus bas de notre humanité. Alors que des relations extrêmement fécondes et d’un niveau très très supérieur à des relations normales entre voisins de paliers sont à la clé de ces « miracles » humains dès lors qu’il n’y a pas de rejet (surveillance ad vitam pour ceux qui penseraient qu’on peut te greffer un coeur comme une prothèse mammaire en silicone -oups).
    PS : pour la petite histoire, le premier donneur de mon cousin a été son propre frère (qui est aussi mon cousin ndlr) à l’âge de 18 ans. Le rein avait déjà un peu vécu, certes, mais il lui permis de VIVRE pendant quelques années, le temps qu’il soit bouffé à son tour.

    • Merci pour ton témoignage Filou. On sent que ça vient de loin là !

  • Je ne savais pas que le Pape ne pouvait pas être donneur : du coup, si on devient pape avant 65 ans on ne peut plus non plus donner son sang ?
    Dans ma famille on est tous donneurs de sang, du coup donner ses organes encore en état à notre décès coule un peu de source. Et j’ai traîné mon (futur à l’époque) mari à un don du sang dès que j’ai pu. Je ne l’ai pas vraiment « converti » à cette pratique, même si en théorie ça lui paraît une bonne chose il trouve ça bizarre. Et il m’a fait remarquer que j’aurais pu le consulter avant de m’inscrire au registre des donneurs de moelle osseuse…
    (pour ceux que ça intéresse http://www.dondemoelleosseuse.fr/)

  • Depuis longtemps sensible au débat sur le don d’organes, je viens de faire un tour sur le site de France Adot qui, au passage, m’a bien fait sourire. Le formulaire de demande de carte requiert ton numéro de téléphone avec la précision suivante : « Ce numéro de téléphone sera très utile dans le cas où on ne réussirait pas à vous joindre par mail. Merci de votre compréhension ».
    Question compréhension, je veux bien croire effectivement que le jour où mes organes pourront, post mortem, venir en aide à quelque quidam en perdition sanitaire, il y a fort peu de chances que je sois joignable par mail. Cela dit, il me semble que la probabilité risque d’être tout aussi faible en ce qui concerne le téléphone. Ou alors… grâce aux progrès sans limites des opérateurs de téléphonie mobile, on captera peut-être bientôt dans l’au-delà ? (« Allo ?? oui bonjour, c’est pour savoir si vous êtes toujours ok pour le don… comment ? Je vous entends mal là, vous êtes dans un tunnel ou quoi ?? »)
    Bref. N’empêche, docile, j’ai rempli la case. Au cas où.
    Ca c’est fait.
    Très bon choix de sujet Kto, très bon article encore et, comme tu peux le constater… très bonne pub ; )

    • « Ce numéro de téléphone sera très utile dans le cas où on ne réussirait pas à vous joindre par mail. Merci de votre compréhension » ah oui, là en effet ça me fait sourire aussi. En revanche, pour le numéro de téléphone on peut se dire que nos proches pourraient répondre… et être ainsi informés, s’ils ne le sont pas, de notre volonté de donnée.
      Je me dis aussi que, certains organes pouvant être donnés de notre vivant (à des membres de la famille il me semble, donc on est censés savoir qu’ils en ont besoin mais bon…) et du coup là le mail ou le coup de fil se justifient bien, non ?
      Bon sur ce, je vais faire un tour sur le site, parce que bon, moi j’ai une carte de donneur qu’on m’a donnée à l’EFS, du coup je suis pas trop allée chercher des renseignements, j’ai bêtement confiance dans le corps médical.

    • (reponse de mon telepL’article en parle peu, mais on peut donner de son vivant, plaquettes, rein, moelle ou tout connement son sang. Et donc etre joind sans passer par l’au-delà ;)

    • @ Agnès et Kto, oui oui, j’ai très bien compris tout ça. Pardonnez-moi, j’avais juste envie de délirer un peu autour de cette histoire de num de téléphone ^^

    • Bravo pour votre perspicacité. Et merci.
      Effectivement la phrase est ambigüe, et personne ne nous l’a fait remarquer jusqu’alors.
      Il faut savoir que notre fédération FRANCE ADOT a pour mission d’informer et de sensibiliser le grand public. En aucun cas nous ne sommes impliqués dans les procédures liées à chaîne du prélèvement à la transplantation. C’est du ressort médical.
      Lorsque des internautes nous demandent de leur adresser une carte de donneur, il arrive régulièrement que des erreurs apparaissent dans l’adresse mail ou postale, et même la date de naissance…
      Nous allons reformuler ainsi :
      « Ce numéro de téléphone sera très utile dans le cas où un problème technique nous empêcherait de vous faire parvenir votre carte dans de bonnes conditions »
      J’espère ainsi qu’il n’y aura plus de doute.
      Si à l’occasion vous trouvez d’autres anomalies n’hésitez pas à le signaler aux bénévoles que nous sommes. Je suis preneur de toutes propositions qui rendraient notre site encore plus vivant.
      Merci encore de votre soutien à la cause du don d’organes.
      Pierre NOIR
      vice-président FRANCE ADOT
      noirp@wanadoo.fr

  • +1 pour la blague du tunnel

  • Je confirme, le big boss a donné son corp pour nous, alors on peut bien en donner une partie pour les autres quand on en a plus besoin!
    Très bon post, une foi de plus.

  • Tout a fait d’accord avec le fait qu’on puisse « emprunter » un morceau d’un copain qui croque les pissenlits par la racine.
    Mais là ou je butte un peu, c’est sur le moment du prélèvement du dit morceau. Pour la cornée par exemple, no problem, le sujet sur lequel on prélève l’organe de vision peut être mort depuis longtemps(pas trop quand même hein).
    Là ou ça se corse c’est quand on parle des organes plus fragiles, comme le coeur, ou le foie. Il faudrait pouvoir prélever l’organe encore vivant sur un corps mort théoriquement, sinon il risque de ne plus être fonctionnel.(Je ne suis pas médecin donc si un disciple d’Hypocrate lis mon commentaire et trouve que je dis des conneries écoutez le, je me base seulement sur ce que j’ai lu et sur mes vagues souvenirs de terminale, autant vous dire que c’est loin d’être acte de foi)
    Bon je pense n’avoir pas besoin de préciser qu’il est pas correct d’aller piquer le morceau convoité a un vivant, du moins si le morceau est vital(nous ne sommes qu’usufruitier du corps dont Dieu est maître, on a pas le droit d’aller se transformer en légume pour aider le copain, dixit Pie XII)
    Problème, le macchabée a qui on pique le coeur est maintenu artificiellement en vie(respiration et circulation artificielle), sinon ses cellules risquent de manquer d’oxygène et de ne plus être transplantables.
    Donc il est mort ou pas?
    Pie XII disait: « Des considérations d’ordre général permettent de croire que la vie humaine continue aussi longtemps que ses fonctions vitales –à la différence de la simple vie des organes- se manifestent spontanément ou même à l’aide de procédés artificiels. Un bon nombre de cas font l’objet d’un doute insoluble, et doivent être traités d’après les présomptions de droit et de fait, dont Nous avons parlé. »
    Pour ce qui est de la mort cérébrale, les machines ne captent pas des impulsions inférieures a deux microvolts, du coup on a déjà vu des cas rares de gens qui se réveillent…

    Donc j’en arrive à ma question(je ne poste pas ce truc pour emmerder mr Kto, mais bien parce que c’est une question que je me pose suite aux faits qu’il évoque ds son article, comme la carte de Dönner (excellent jeu de mot en passant) de notre bien aimé pape…
    On a le droit ou pas?
    Pie XII disait mouais ça dépend, en gros on touche pas aux organes vitaux, Benoît XVI a l’air pour, moi je suis un peu perdu dans l’histoire.

    La source de mes doutes(en voyant qui l’a écrit je pense que Mr KTO va me reconnaître d’ailleurs) est ce livre, écrit par un prêtre:
    http://www.fsspx.org/fr/la-foi-enseignement/question-morale/bioethique/greffes-transplantations-et-dons-dorganes-principes-catholiques-et-applications-concretes-abbe-francois-knittel/

    Voili voilou, encore une fois je ne poste pas ce commentaire dans un but apologétique ou dans celui de casser l’auteur de ce remarquable article, bien au contraire, donc si certains se sentent pris d’une envie irrésistible de me traiter de cro-magnon intégriste, évitez de le faire trop méchamment, j’expose juste mon doute face a la situation qui me paraît ambiguë…

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  • とてもクールYoureの!このような前に| 何か何か |私は、アイブ氏は学習を読んでと仮定

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