Vous le savez tous, j’ai quitté mon 9² adoré il y a quelques mois pour venir habiter en province, à Lyon plus précisément. Je vous raconte même pas le déchirement pour moi qui suis né à Nanterre, n’ait déménagé de la Garenne-Colombes que pour bouger deux rues plus loin à Bois-Colombes et suis retourné boucler la boucle à la fac de Nanterre après une obtention moyennement glorieuse du baccalauréat. Quand je fais mes courses au centre commercial de Part Dieu j’ai un peu l’impression de trahir les Quatre Temps de La Défense et les quais de Rhône me plongent dans une nostalgie profonde, me rappelant cette Seine où je n’ai jamais pu me baigner sous peine de choper le tétanos et le choléra.

Bref, j’ai débarqué dans un coin où je ne connaissais personne sauf mon lapin nain, qui n’est pas vraiment la personne la plus pratiquante de mon entourage. En fait le seul catho répertorié à Lyon par moi-même, c’était Bafe Gomis (je le sais grâce à l’Equipe Mag’), mais manque de bol j’avais pas son numéro.

 

 

Chez moi j’avais un environnement de catho tout douillet, une copine pratiquante, une aumônerie de top niveau mondial, un frère jumeau pour aller à la messe avec moi et des potes avec qui aborder la béatification de JPII entre deux dîners gastronomiques Pizza Hut. Trop douillet je vous dis, une sorte de gros coussin rempli de blagues à la con et d’Esprit Saint. Là, Pouf ! Retour à la case départ.

Et ça, c’était relou. Relou parce que c’est très important pour moi d’avoir d’autres cathos autour. Y a des jours où ça te suffit de regarder l’élection de Miss France en débattant dix ans pour savoir si oui ou non Miss Alsace c’est sa vraie couleur de cheveux, mais parfois tu as besoin de plus. Des discussions sur le jugement dernier, le sentiment qu’on a d’être en décalage avec la société, sur un p**** de genou explosé et le message que je peux en tirer, je ne peux pas en avoir avec tout le monde, très très loin de là. Mais j’en ai besoin, besoin d’avoir autour de moi des gens qui réfléchissent à ces questions, qui ont des valeurs proches des miennes  et qui vont me botter le cul un soir où je préfère regarder le Canal Football Club plutôt que d’aller à la messe. Surtout que pour la nourriture spirituelle, on a fait mieux que les écoles de commerce…

 

 

Donc, quand je suis arrivé dans ma nouvelle école avec mon pot de colle Cléopâtre et mon compas tout neuf, j’ai rapidement snipé qui était dans le délire ou non. Le pré-requis, c’est d’abord que les gens avec qui je traine soient cools, mais si dans le tas il peut y en avoir un ou deux avec une vraie vie/recherche spirituelle, c’est jackpot. J’ai un peu testé par-ci par-là avec mon bâton de sourcier et ma subtilité habituelle. Vous voyez les mecs qui font du stand up, notamment dans le Jamel Comedy Club, et qui font que des transitions toutes pourries ?

« Merci de votre accueil, ça me rappelle ce matin quand j’ai mangé une pomme. A propos, vous trouvez pas que les pommes franchement… »

Ben je fonctionne un peu pareil, du genre « Et toi t’as fait quoi cet été ? Parce que moi, aux JMJ »bla bla bla… C’est comme ça que je me suis rendu compte que la moitié de ma promo les avait fait aussi. Rappelez-vous l’intro de l’article « Trop pur pour être catho » :

 

Y a un truc vraiment pas clair dans cette école de commerce, c’est pire que suspect. Comme dirait mon père quand il veut faire hurler maman « ça renarde velu ». C’est simple, y a trop de cathos pour que ce soit honnête. Incroyable, tu peux pas faire un pas sans marcher sur un chrétien qui traine ! Doit y avoir un nid quelque part sous un lavabo ou dans la réserve de stylos vélédas. La seconde option, c’est les chinois qui me tendent un méga-piège trop bien ficelé (cette thèse n’est pas à écarter).

 

Je suis un pur produit de l’école publique, de la crèche à la fac en passant par les années collège ponctuées de 5/20 en maths, et on a jamais été plus de deux ou trois croyants par classe. Alors un environnement aussi catho-friendly, j’avais jamais trop connu. Au moins j’ai pas eu trop d’efforts à faire pour trouver des potes disposés à venir m’écouter faire des commentaires pendant le sermon ou râler contre le chant de communion. J’ai même été surpris du nombre de mecs qui sont partants pour venir à la messe s’ils sont pas retournés à l’église depuis des plombes.

Finalement, mon arrivée en territoire hostile s’est révélée être easy comme tout. En plus, Lyon est une ville super active côté spi, la communauté qui organise pleins de trucs pour les jeunes, des concerts, des formations etc… Avec la fête des lumières qui arrive, moi qui pensait me la jouer Man vs. Wild, je me retrouve dans l’île aux enfants.

 

 

Mon seul regret, c’est de n’avoir pas trouvé le temps (version pipotage) ou la motivation (version honnêteté et paradis) de m’intégrer dans une paroisse/ aumônerie pour voir où je pouvais filer un coup de main. Mais c’est la prochaine étape !

Je crois que tout seul, en tant que catho non seulement tu n’avances pas, mais tu régresses. Parce que pour nourrir ta foi la contradiction c’est très bien, mais certains jours où tu en as marre de te battre, tu as plutôt besoin qu’on te tende la main. Et ces jours là, pour répondre tes questions ou simplement faire un petit bout de chemin, tu es heureux d’avoir des frères autour de toi. Ca tombe bien, ce blog est fait pour ça !

 

 

Ps : Avant de vous laisser partir, j’aimerais vous demander un service. Allez quoi ! Je le fais pas souvent !

Deux merveilleux amis à moi viennent d’avoir un bébé merveilleux tout pareil. Alors ce serait cool de dire un petit mot à Dieu avant d’aller vous coucher, pour le remercier de ce cadeau qu’il leur a fait, et leur souhaiter bien du courage pour les mois qui viennent.

Amen !

 

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15 commentaires to “Rendez-vous en terre inconnue”

  • Article sympa !
    Tu ralenties un peu le rythme ces derniers temps non ?

  • Mais tous tes potes sont cathos alors ?

  • @Pipo : Je suis en partiels là, je t’avoues que c’est pas simple. Mais je tiens bon t’inquiètes !
    @ Aniom : Non, très très très loin de là même. Dans les 15% selon une estimation gouvernementale…

  • Excellent article !

    J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette petite chronique sur ta vie lyonnaise.

    Point positif:

    « mais certains jours où tu en as marre de te battre, tu as plutôt besoin qu’on te tende la main ». C’est très bien dit.

    Point négatif:

    Tu parles d’un footballeur. Filou va pas te louper.

  • Je t’avais rappelé dans un com pas trop lointain que Lyon était la Capitale des Gaules. Ce n’est pas pour rien qu’à Capitale des Gaules, Primat des Gaules… La région, forte de cette tradition, rayonne à travers une bonne partie du monde.
    Quand j’étais au Liban, l’essentiel de la culture catho occidentale nous venait de Lyon. C’est du moins le souvenir que j’en ai.
    Bravo pour tes contacts. Enrichis-toi. Tu n’en auras que plus à donner autour de toi.
    Content de t’avoir revu à la messe d’aumônerie, c’étai bien agréable de revoir l’équipe. Pour ta gouverne, le père Thierry viendra témoigner dans mes équipes samedi.

    @wagram : je ne pense pas être assez primaire pour ça…

  • Enorme la vidéo de MVW, ça me rappelle celle de south park sur la théorie de l’évolution ;)

  • « Je suis un pur produit de l’école publique, de la crèche à la fac en passant par les années collège ponctuées de 5/20 en maths, et on a jamais été plus de deux ou trois croyants par classe. »
    Moi aussi j’ai toujours été scolarisée dans le public, mais je peux te dire que tous les établissements privés ne sont pas « catho-friendly » pour les élèves, loin de là : en fait, dans l’établissement privé le plus proche de chez nous, le caté était fait dans l’établissement mais était facultatif. Du coup, ceux qui y allaient (ou ceux qui y semblaient intéressés) étaient montrés du doigt par les autres et donc laissaient très rapidement tout tomber. Alors qu’avec mon collège public, on allait au caté après les cours et en-dehors du collège, du coup ceux qui n’étaient pas concernés ne savaient pas. Résultat : ceux de mon village qui ont été scolarisés dans le privés (leurs parents étaient jugés « meilleurs chrétiens » par le curé de la paroisse à l’époque) n’ont pas fait leur profession de foi alors que ceux qui étaient dans le public sont allés au moins jusqu’à la confirmation. Ceux qui sont allés dans le privé ne sont pas allés aux JMJ. Je dirais qu’on avait presque un meilleur cocon quand on était dans le public. (Sauf en cours de philo, où j’avais un prof globalement anti-religion)
    Plus tard, en me promenant ailleurs en France, j’ai constaté que ce n’était pas le cas partout (à Nantes par exemple, il n’y avait pas ce problème).

    • Pas la première fois que j’entends dire que les enseignements religieux c’est un peu n’importe quoi en école privée.

    • Je suis tout a fait d’accord avec toi. Je suis passée il y a maintenant un peu plus d’un an du privé au public et finalement ma foi en est plutôt ressortie grandie. En effet, je suis passée d’un « chic la messe de rentrée tombe sur le cours de maths » a une démarche beaucoup plus volontaire et donc sans les 80% qu’il y avait de personne catholique juste pour la messe de Noël et les cadeaux. De plus, ça m’a obligée a remettre ma foi en question et a me demander pourquoi celle là. Je suis donc ainsi passée d’une fois donnée (pourquoi c’et comme ça? Parce que!) a une fois reçue où je peux réellement dire pourquoi j’ai fait ces choix. Et ce n’est pas juste une question d’aumonerie car c’est le meme aumônier pour les deux écoles.

    • Je n’ai jamais été scolarisé dans un établissement privé.

      Mais j’ai toujours eu l’impression, en parlant avec ceux pour qui c’était le cas, qu’ils n’avaient souvent de catholique que le nom. Soit parce qu’ils laissent de côté la Foi pour n’être au fond que des établissements « comme les autres », soit parce qu’ils dispensent leur enseignement à des gens qui n’en ont rien à foutre de Dieu.

  • J’attendais cet article avec impatience, il ne m’a pas déçu!
    Comme disait Filou, qui dit Lyon dit Primat des Gaules, en l’occurrence Mgr Philippe Barbarin, qui apporte en effet beaucoup de dynamisme au Diocèse.
    Si tu veux un plan spy à Lyon, je te conseille encore une fois ça: http://egliseconfluence.fr/web/lyon-centre/

    Je n’oublierais pas de prier pour le bébé.

    PS: j’ai un petit problème, je sais pas si ce commentaire est passer tout à l’heure, je le reposte.

  • Bien écrit celui là !

    Quelle chance tu as d’être tombé dans un environnement « à l’écoute », tu vas pouvoir semer !

    • Et que Dieu bénisse ce bébé dont tu ne nous donnes pas le nom.

  • J’ai moi aussi fait cette expèrience récemment. Je ne l’avais jamais envisagé comme ça mais en fait lorsque l’on arrive dans un endroit ou l’on ne connaît personne, se tourner vers la paroisse pour rencontrer des gens est à la fois naturel et très profitable.

  • On en a déjà parlé sur le blog je crois, mais c’est vrai qu’être le seul catho c’est l’horreur et tu té décourages vite. Mais quand t’es pas dans une école où yen a plein tu fois quoi…

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