Aujourd’hui vous allez lire un article comme il n’en a jamais été publié sur ce blog. D’abord parce que ce n’est pas moi qui l’ai écrit mais mon frère jumeau qui passe un an en Chine pour ses études. Mais surtout parce qu’il est plus sobre, plus profond et plus touchant à mes yeux que tout ce que j’ai partagé avec vous depuis un an et demi. C’est sans doute un peu plus long, mais vous verrez quand on arrive à la fin, on regrette que cela ne dure pas plus longtemps. Venez rencontrer le pasteur Samuel Lamb:

En année universitaire à Canton (Chine) j’apprends à connaître un pays qui, contrairement à ce qui était prévu, ne se résume pas aux pandas et au badminton. Du moins pas complètement. En matière de religion non plus, la situation n’est pas si simple que ça. Je m’attendais à voir des polices secrètes surgir de partout et faire partir des fourgons entiers de chrétiens aux confins du pays pour cause de messe dominicale. C’était bien le genre il y a quelques décennies, mais aujourd’hui tout est plus subtil et sans doute (un peu) plus simple pour les croyants chinois. Dans le sud de la Chine il n’est pas rare de voir un marchand chrétien disposer un crucifix dans son magasin, des gens marcher dans la rue une croix autour du cou ou une petite mamie transporter un cadre de Jésus à travers un marché. Si les chrétiens sont en minorité, on les laisse (relativement) tranquilles tant qu’ils ne font pas de vagues. Comme dit plus haut, ce ne fut pas toujours le cas et le portrait d’aujourd’hui en apporte le témoignage. C’est par l’intermédiaire d’un ami français étudiant avec moi à Canton que j’ai entendu parler du Pasteur Samuel Lamb. A l’écouter un type du style « feu sacré », « déplacement de montagne » et sûrement un peu de badminton (ou de pandas).

Samuel Lamb est donc un pasteur protestant qui dirige ce que l’on appelle poliment ici une « House Church ». Ces « églises de maison », qu’elles soient catholiques ou protestantes, ne sont ni plus ni moins que des églises clandestines (parfois tolérées) dont les fidèles refusent d’être affiliés à l’église « officielle » contrôlée par le gouvernement. Cela explique pourquoi ils se retrouvent discrètement. A 87 ans, le pasteur veille toujours sur la communauté qui fréquente son église, installée dans sa propre maison. Il y prêche encore en personne une fois par mois : anglais, mandarin, cantonais, servez-vous. Et sa vie est un roman. Un vrai roman qui envoie le Da Vinci Code se rhabiller à coup de pompe dans le cul.

Samuel Lamb est né en 1924 dans une famille chinoise de Macao, d’un père pasteur baptiste (les chiens font pas de chats) et d’une maman qu’il aime beaucoup. Vous pouvez aussi l’appeler par son prénom chinois, Lin Xian Gao. C’est un peu plus compliqué mais pas inintéressant puisque cela qui signifie « offert à l’agneau de Dieu ». Et Samuel s’est offert très tôt : de graves troubles de santé surmontés durant son enfance et une solide éducation chrétienne lui font vite prendre conscience de l’importance de dédier sa vie au Seigneur. Le plan est simple, y a plus qu’à ! Mais alors que Samuel entre dans l’adolescence, les jeunes chinois ont autre chose à faire que de regarder Hit Machine ou manifester contre le CPE : les japonais entrent en guerre contre la Chine et bombardent tout le sud-est du pays. Canton et Hong-Kong ramassent bien comme il faut, tandis que Samuel et sa famille partent sur les routes. Ca ne perturbe pas le jeune Samuel plus que ça : il est certain d’être sous la protection du Seigneur. Et il a raison, des dizaines d’anecdotes viennent accompagner son récit : « Alors que je tentais de rejoindre l’Eglise baptiste sur une autre île hong-kongaise pour m’y abriter, j’ai choisi de prendre une route passant par les montagnes plutôt que d’emprunter la route classique. J’ignore pourquoi, mais Dieu le sait : alors que je franchissais les cols, la route habituelle fut bombardée ». De toutes façons, le doute n’a pas sa place dans la vie du pasteur : « Dieu est notre refuge et notre force; un secours que l’on rencontre toujours dans la détresse » (Psaume 46, 1). Forcément, dit comme ça…

En rentrant à Canton, Samuel devient donc pasteur et accueille chez lui les fidèles pour prêcher la Parole et témoigner des miracles que Dieu a fait pour lui. Gonflé pour un type qui vient de passer des années loin de chez lui pour cause de guerre et de caisses d’explosifs qui tombent du ciel. C’était en 1950.

Au départ, tout se passe tranquillement, les affaires roulent et les fidèles viennent en nombre écouter le pasteur : lors du culte dominical, il monte à l’étage de sa petite maison et s’adresse à une assistance de 300 personnes avec un mégaphone. Ca parle pandas et mange du bambou, tout le monde est content. Tout le monde sauf ce type et ses copains:

En 1949, Mao Ze Dong proclame l’avènement de la République Populaire de Chine. Pour autant qu’on sache, Mao n’est pas vraiment du style enfant de chœur et pour les chrétiens les affaires se gâtent : le 14 Septembre 1955 le pasteur Samuel Lamb et trois de ses amis sont arrêtés. Motif : « activités contre-révolutionnaires ». Je lui demande pourquoi et ça le fait rire, parce qu’en fait il n’en sait absolument rien. Je ne sais pas si ça l’a fait rire sur le coup, mais il passe 1 an et demi dans les prisons du régime communiste chinois. Samuel et ses amis sortent en 1957, se tapent un verre d’alcool de riz et retournent travailler dans leur église. Pas pour longtemps. Le 30 Mai 1958, moins d’un an plus tard, Samuel Lamb est de nouveau arrêté. Cette fois il ne passe pas par la case prison et ne touche pas 200 Yuans. Il est envoyé directement au « Laogai » (littéralement : « Camp de rééducation par le travail »). Il en ressortira en mai 1978. Soit 20 ans plus tard… Difficile de croire que c’est bien cet homme là qui vous parle tout sourire de la Grandeur de Dieu.

Les 5 premières années, le Pasteur Lamb est envoyé dans une ferme de la région de Canton. On est plus proche de « Die Hard 4 : retour en enfer » que de Martine à la ferme. Des propres dires du pasteur, la charge de travail était difficilement supportable. Le soir il coupait les cheveux des autres prisonniers, et pour pouvoir continuer à prier il récitait les passages bibliques qu’il avait mémorisés étant plus jeune. Saint Jean, les Psaumes, Isaïe, tout ce qu’il faut pour tenir le coup, jusqu’au jour ou il se rend compte qu’un codétenu chinois, également pasteur, possède une Bible. Les grands esprits se rencontrent : il emprunte la Bible et entreprend alors de la recopier. Samuel doit être la première personne depuis le XVème à se dire « tiens, si je recopiais une Bible ! ». Malheureusement un codétenu le dénonce aux gardiens du camp. Game Over. Après la maladie, la guerre, la prison et le camp de travail, Samuel Lamb le protégé de Dieu est donc envoyé dans les mines de charbon du Shanxi au Nord de la Chine. En mandarin, Shanxi veut dire « A l’ouest des Montagnes ». Pour Samuel, Shanxi veut dire : Mousson l’été, températures négatives de novembre à mars, et des wagons de charbon à pousser toute l’année. Ces wagons, Samuel doit les accrocher les uns aux autres à la main, vite et bien. Vite parce que les gardiens y veillent, bien parce que la moindre erreur est susceptible de le couper en deux : son premier partenaire perd ses doigts au bout de trois jours. Le second a le pied sectionné après deux semaines. Et si la liste est longue, lui s’en sort indemne : « En 15 ans de mine, j’ai accroché plus de 2 millions de wagons sans jamais être blessé, que Dieu soit béni ». Le pasteur s’est blessé une fois, au pouce, en découpant une pomme. Et ça le fait bien rigoler.

Parfois, il se demande pourquoi Dieu continue à le protéger ainsi alors qu’il est inutile au fond de sa mine de charbon, mais quand on lui dit « Tu as de la chance », il répond « Non, j’ai Dieu ». Tête brûlée, va. Malgré les demandes répétées des officiels, le Pasteur a toujours refusé de critiquer Dieu devant les autres prisonniers en échange de sa libération. « Les autres détenus critiquaient Bouddha et Confucius. Mais leurs dieux étaient des faux, mon Seigneur est le Vrai Dieu. A quoi m’aurait-il servi de gagner 4 ans ou 5 ans en trahissant Dieu ? J’ai prié pour tirer les leçons de Paul, et le Seigneur m’a exaucé. En 20 ans de travaux forcés, je n’ai jamais trahi Dieu car il a affermi mon cœur et ma foi. S’il ne m’avait pas affermi, j’aurais sans doute abjuré moi aussi. Qu’il soit béni ». Alors qu’il lui reste 3 mois de camp, on lui demande de former un jeune homme de 22 ans à son poste. Il s’en tire plutôt bien, pendant un mois. Juste avant la libération du pasteur, le garçon glisse sur les rails et les quarante voitures du train lui passent dessus. En Juin 1978, Samuel rentre à Canton.

Il y retrouve sa famille et reprend un verre d’alcool de riz. Malheureusement, il apprend que son père est décédé 7 ans avant sa libération. Il n’a pas non plus revu sa femme, partie deux ans à peine avant son retour. Enseignant l’anglais pour gagner sa vie, Samuel (qui ne lâche jamais l’affaire) en profite pour parler de Jésus aux jeunes cantonais qui suivent ses cours. Une étudiante devient chrétienne et son cousin vient assister aux prêches du Pasteur Lamb. 28 ans après le début de son ministère, les affaires du Pasteur Lamb redémarrent : ils sont maintenant… quatre au culte du dimanche ! Quatre également en 1980 lors du premier baptême de la nouvelle communauté. A ce point de l’histoire, j’ai bien envie de dire que c’est un peu la loose. Mais ne vous en faites pas pour le Pasteur Samuel, il sait ce qu’il fait. Ou plutôt il n’en sait rien, et ce n’est pas son problème ! C’est celui de Dieu : En 1989, le pasteur baptise 169 fidèles cantonnais lors de la même journée (et il baptise plusieurs fois par an !). Samuel a mis les mains dans le cambouis, du tigre dans son moteur et les cahiers de la paroisse font état de plus de mille baptêmes entre 1980 et 1989. Pour une communauté qui repart de zéro dans un pays qui envoie ses chrétiens mourir dans les mines, on dira que ça a de la gueule. Et ce n’est qu’un début, la paroisse se structure : cours bibliques par âge et par niveau, soirée de prière, gospel et culte dominical. Du joli travail. Mao est mort depuis 13 ans mais Samuel est toujours là. Et il est « On Fire ». Prends ça, la Révolution culturelle ! Le petit-fils de Ronald Reagan, vient lui remettre un stylo offert par le Président des Etats-Unis en personne. Dieu est Grand.

Un peu trop même pour les autorités de Canton qui sont presque aussi têtues que l’ami Samuel. Quand Mao n’est pas là…* les communistes font quand même le job. Ils demandent à la paroisse de rejoindre les Three Self Churches (Eglises officielles protestantes contrôlées par le Gouvernement chinois). Une fois, deux fois, dix fois. Des officiels viennent voir le Pasteur, lui posent quelques questions, reviennent encore et encore. Un jour l’un d’entre eux ose même un « Même les parents de Jésus se sont enregistrés, pourquoi pas toi ? ». Samuel on la lui fait pas, il se marre et sort sa carte d’identité. Rigolos. Mais en Février 1990, après l’office, 60 policiers investissent la paroisse. Perquisition. Les forces de l’ordre embarquent tout : Plus de 3 000 livres de chants et 10 000 cassettes audios et vidéos, Bibles, matériel Hifi, télévisions, caméras, micros, phonographe du Président Reagan, téléphones et argent liquide (pas fous les mecs). Sur les coups de quatre heures du matin, on demande au pasteur de prendre des vêtements propres, une serviette et une brosse à dent, direction l’hôtel de police et 24 heures d’interrogatoire non-stop. Pas de nourriture, pas d’eau et surtout pas de sommeil : un classique. Au bout d’un moment, un des policiers demande à être seul dans la pièce avec le pasteur :

- Nous allons devoir fermer ta paroisse : pourquoi n’as-tu pas rejoins les Three Self Churches ? Ne va pas nous raconter que tu es dans la vérité et qu’ils se trompent tous !

- Je ne dis pas qu’ils sont tous dans l’erreur. Il y a parmi eux de vrais et de faux chrétiens. Et justement, nous ne voulons pas être soumis à une assemblée dirigée par de faux chrétiens.

- Shu (« Oncle »), y a-t-il vraiment un Dieu ? Jésus est-il vraiment ressuscité ? »

En temps normal, les policiers ont pour consigne d’appeler les personnes interrogées par leur prénom, ce qui en plus d’être familier frise le manque de respect en Chine lorsque l’on s’adresse à une personne plus âgée que soi. Le pasteur lui-même est surpris d’entendre le policier l’appeler « Oncle ». Mais il répond, parle de Jésus et de la Bonne Nouvelle, de son histoire et de celle de son père. Le policier l’interroge :

- Peut-être qu’il n’est pas vraiment ressuscité. Certains membres des Three Self Churches disent que cette histoire de résurrection n’est pas forcément vraie.

- Voilà pourquoi je vous dis qu’il y a de faux chrétiens parmi eux. Vous m’avez demandé de ne pas dire qu’ils se trompaient, mais vous venez d’en faire la démonstration vous-même ! Si Jésus n’était pas ressuscité, j’aurais abjuré le jour même de mon arrestation au lieu d’aller dans les camps ! Mais il est Vivant, et il veut que je le rejoigne au Paradis pour l’Eternité.

Le policier appelle les autres hommes :

- Le vieil homme est épuisé. Donnez-lui du riz, et s’il veut prier avant laissez le faire… »

Samuel rentra chez lui en signant un papier dans lequel il affirmait ne contrevenir en rien au règlement sur la liberté religieuse. Et reprend le boulot.

Durant toutes les années 90, les interrogations et les intimidations continuèrent. Entre deux matchs de badminton ou de panda. Mais de son propre aveu, le pasteur est moins inquiet désormais. En rigolant, il me dit dans un anglais parfaitement compréhensible: « Aujourd’hui, ils ne viennent plus nous embêter ! Même si je vais moi-même me dénoncer ils ne m’arrêteront pas ». Depuis qu’il a relancé sa paroisse à la fin des années 80, le pasteur cantonais qui n’a jamais mis un pied hors de Chine a reçu plus de 160 journalistes étrangers incluant des équipes de NBC, BBC, Fox News, … Des membres de l’administration Clinton, des Cosmonautes de la NASA et de nombreux anonymes sont venus écouter son témoignage. « Si on revient me chercher demain, la nouvelle fera le tour de la planète. Ils le savent et ils ont peur de ça. Non, ils ne viennent plus nous embêter ».

L’église du Pasteur a encore déménagée. C’est désormais un bâtiment de 4 étages entièrement aménagé qui accueille les fidèles. Grâce à un système de retransmission sur écran, 1 000 personnes peuvent suivre le prêche en même temps. Malgré cela la paroisse est obligée d’organiser quatre prêches par semaine tant les fidèles sont nombreux à vouloir assister au culte. Je vous dis même pas la tronche du planning pour les cours d’études bibliques. A chaque rencontre, le pasteur distribue des copies par dizaines de tout le matériel d’évangélisation qu’il a lui-même mis sur pied. Samuel Lamb écrit sur tout (les évangiles, Jérusalem, la Chine dans la Bible, le Tsunami, …) et compose. Beaucoup : des centaines d’hymnes, de cantiques, etc. L’armoire de ma chambre est maintenant pleine à craquer de prêches écrits et audios. Si certains lecteurs cherchent à bosser leur cantonais j’ai du matos à disposition. C’est comme ça que marche l’évangélisation en Chine.

Car la diffusion de la Foi à Canton et dans toute la Chine n’empêche pas Samuel Lamb d’être lucide sur la situation religieuse dans son pays. Toutes les communautés ne sont pas aussi solides que la sienne, et le Pasteur Lamb lui-même ne peut pas évangéliser en dehors des murs de sa paroisse. Les chrétiens quels qu’ils soient sont priés de laisser la religion à l’intérieur des églises. Alors de connaissance en connaissance on se transmet les livres et les cassettes, on emmène les amis à l’église pour leur faire découvrir la Foi. Mais aucun chinois n’ira sonner à votre porte pour vous refiler une Bible, ni prêcher sur la place publique : les « laogai », ces camps de rééducation par le travail qui parsèment le territoire chinois et que Samuel Lamb connaît bien, existent toujours. Ils sont pleins de catholiques qui refusent de prêter serment à Pékin plutôt qu’à Rome et de chrétiens en général qui y font connaissance avec les activistes tibétains. Et si la vie n’est pas facile tous les jours à Canton, les persécutions sont féroces au Nord, notamment dans le Hebei (Région de Pékin) qui compte pourtant de nombreux chrétiens.

Samuel Lamb est-il inquiet ? « Il ne faut pas avoir peur**. Vraiment. Si l’on doit vous arrêter, que l’on vous arrête. Vous êtes entre les mains de Dieu. Si l’on doit vous tuer que l’on vous tue. Vous êtes pour toujours entre les mains de Dieu… ». Seule la transmission du message compte. Ca paraît facile à dire ? Après l’avoir écouté raconter son histoire le sourire aux lèvres, ça paraît surtout facile à faire. D’autant que Sam le Pasteur Survivor a le sens du contre-pied. Après une seconde de réflexion, il nous dit : « You know… In the end, persecution is good*** ». Pardon ?! Je suis tellement pris de cours que je ne pense même pas à lui balancer une vanne sur “Oasis is good”****. Sourire compatissant du pasteur devant nos mines déconcertées. « Vous savez, si vous regardez l’histoire, plus les chrétiens sont persécutés, plus ils sont nombreux. Regardez Rome. Plus de persécutions, plus de chrétiens ». 20 ans de camps de rééducation pour ça. On peut dire qu’avec Samuel Lamb, Mao a pas rééduqué grand-chose. Jésus : 1 / Petit livre rouge : 0

« - Pasteur, vous pensez que la Foi va continuer à se développer en Chine ?

Silence

- Peut-être.

- Vous n’en êtes pas certains ?

Sourire entendu…

- Je pense que oui »

* Bon, pour la comprendre celle là, faut savoir que « Mao » veut dire chat en chinois. Faites un effort aussi, …

**Ca ne vous rappelle pas quelqu’un ?

*** « Vous savez… Au final, les persécutions ont du bon »

**** Un bon truc du style « Eh ben alors Samuel, on a bu trop d’oasis ? ». Ouais, ca aurait fait son petit effet.

Remerciements :

Merci au Pasteur Samuel Lamb pour son témoignage exceptionnel. Merci à Samuel Thaï pour la traduction en Cantonais et Mandarin. Merci aux Persécutions.

« Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous serez persécutés pendant dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. » Apocalypse 2, 10.

Voilà ce qu’on peut lire au dos du livre retraçant la vie du pasteur Lamb.

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41 commentaires to “Survivre aux camps de Mao, rencontre avec le pasteur Lamb”

  • C’est tres, tres prenant et touchant. Merci

  • Ca met une grande de lire ca. Il degageait quoi ce monsieur ? Il etait comment ??

  • Et tu l’as rencontré comment ? J’aime beaucou, beaucoup ta conclusion.

    • @ Aniom:

      Je suis vraiment content que cela vous ait touché. Cette rencontre elle-même était vraiment bluffante, et si ça ressort à la lecture de l’article, c’est super.

      @ BTP 75:

      Le pasteur Lamb est un type d’une grande gentillesse. En fait, il passe son temps à sourire et il est vraiment difficile d’imaginer que ce petit bout de papi a eu une vie aussi difficile. Il dégage une grande sérénité: quand il dit que de toutes façons peu importe ce qui arrive puisque rien ne se fait sans la volonté de Dieu, il est d’une sincérité et d’une solidité désarmante.

      Donc pour répondre clairement: il dégage quelque chose de très puissant, d’inflexible. Et beaucoup d’optimisme en même temps.

      @ Bianca:

      Comme dit dans l’article, je l’ai rencontré via un de mes amis de l’université, Samuel Thaï qui l’on peut voir sur la première photo. Il se rend au temple protestant une fois par semaine, et lorsqu’il m’a parlé du pasteur, j’ai immédiatement contacté Kto pour lui proposer un article.

      J’ai pas eu à insister beaucoup pour qu’il accepte.

  • Un article à part…

    • Complètement ! Pour habituer du blog comme moi c’est un OVNI. Et c’est surtout énorme, c’est grand. Merci de tout coeur…

      • C’est peut être un OVNI, mais dans ce cas je suis pour les OVNI.

  • Baz, tu es là-bas pour étudier le journalisme ?
    Bon, c’était très bien. Je trouve que ça vaut le coup d’être chrétien quand même …
    Une petite question toutefois : s’il est pasteur évangélique, il n’a pas besoin de « suivre » Rome. Est-ce que les autorités chinoises font la distinction ? Et lui, Samuel Lang, comment appréhende-t-il ses « frères  » cathos ?

    • +1 Je me suis aussi posé la question.

    • Bonjour filou !

      J’étais sur que le bonhomme ne te laisserais pas indifférent !

      Concernant Rome, il n’a en effet pas besoin de se soumettre à Rome puisqu’il est pasteur baptiste. Je ne sais pas ou j’ai pu sous entendre ça, mais je me suis surement mal exprimé. Lorsqu’il parle de Rome et des persécutions il parle bien sur des premiers chrétiens et des persécutions romaines.

      Concernant son rapport aux catholiques, nous n’en avons pas parlé directement, donc je ne peux pas parler en son nom. Je peux simplement te dire qu’il savait que j’étais catholique et que l’article serait posté sur un blog catholique, et non protestant. Ce qui ne lui posait absolument aucun souci.

      En fait, il est difficile en Chine d’aborder d’emblée le thème de la religion avec les gens qu’on ne connaît pas, même si les chinois croyants sont toujours ravis de découvrir qu’ils s’adressent à un autre chrétien. Mais de ce que j’ai pu constater, je dirais deux choses:

      - Si la légère méfiance que l’on ressent souvent entre catholiques et protestants (surtout côté protestant d’ailleurs) se retrouve un peu en Chine, il y a surtout ce sentiment d’être dans le même bateau, en plus de la conscience d’être frères. Quand on voit ce qu’ils mangent ici etce à quoi ils font face, ils n’ont pas besoin d’en rajouter entre eux.

      - Je ne suis pas certain qu’ils aient tant de contacts que ça entre Eglise catholique et églises protestantes, dans la mesure ou ici la Foi n’est pas sensé sortir de l’église. Ils ne se rencontrent pas lors de grandes manifestations comme ça peut être le cas chez nous par exemple.

      • Excellentes explications, très claires. Bravo Basile ! Désolé pour le faux sous-entendu, j’ai fait un raccourci malheureux. Je n’avais pas bien lu qu’il s’agissait bien d’Eglises PROTESTANTES officielles…
        Pour le reste, je ressens l’oecuménisme comme une nécessité dans l’adversité. Il nous en faudrait peut-être un peu chez nous, de l’adversité, pour ressouder une fois pour toutes les familles désunies… Non ?

    • Concernant la distinction entre les deux branches, le gouvernement central le fait très bien. Pour la simple et bonne raison qu’il doit faire face à un adversaire de plus lorsqu’il traite la problématique catholique: le Vatican.

      Rome travaille depuis des décennies pour que Pékin cesse les persécutions et permettent aux catholiques de pratiquer leur Foi normalement, ce qui est encore loin d’être le cas. Evidemment, tout cela filtre très peu.

      Cela est positif dans le sens ou, comme le montre l’article, les chrétiens de Chine comptent énormément sur la pression internationale pour améliorer leur sort. C’est d’ailleurs souvent le cas des minorités chrétiennes opprimées à travers le monde (on se comprend). Pour un gouvernement comme la Chine qui cherche à s’acheter une respectabilité auprès du Monde, les contacts avec le Vatican sont donc cruciaux.

      Avec les protestants, le problème est plus « interne » à la Chine (même si les USA ne sont jamais loin) et surtout plus difficile à cerner. Il n’y a pas de voix unique pour s’exprimer au nom des églises protestantes interdites.

      Je dois rencontrer à la rentrée des gens qui pourront m’en dire beaucoup plus à ce sujet. Je serai plus précis !

  • Grand merci Basile ! C’est un incroyable personnage et un superbe témoignage (et dans la prose KTO que j’aime tant… zêtes pas jumeaux pour rien hein les gars ?!!)

    • Enorme, énorme. 20 ans putain…

  • Et voila, KTO and the city interdit en Chine, la réplique a été immédiate!

    Plus sérieusement, tu peux dire à ton frère qu’il peut écrire des articles plus souvent. Ce témoignage est magnifique et très touchant. Comme Filou j’aimerais bien savoir les relations que ce pasteur entretient avec les catho et s’il y a une différence de traitement de la part du gouvernement.

  • Vous pouvez poser vos questions à Baz, il passera répondre mais cette nuit je pense, puisqu’il y a 6 heures et deux trois bananes de décalage horaire. Anaky, c’est un sacré compliment que tu lui fais ;)

  • Superbe article merci

  • L’article n’est si long: comme annoncé, il passe vraiment vite.

    Une superbe histoire, un témoignage qui en dit long et qui donne de la force.

    • Je trouve même au contraire que ça passe très (trop) vite…

  • Basile, tu pratiques comment en chine alors ? Dans une église officielle ?

    • Je suis la seule à ne pas bien saisir cette histoire d’église officielle etc ? Je ne suis pas contre quelques explications svp :)

      • Je vais essayer de te répondre d’après ce que je sais, si il y a des erreurs, Basile corrigera.
        En Chine, l’Église Catholique (je vais pas parler des protestants parce que je sais pas grand chose de plus que ce qui est dit dans l’article sur leur situation) est assez mal vue par le gouvernement, notamment à cause de son rattachement au Pape. Du coup l’Église « Officielle », la seule qui a le droit de cité en Chine, est totalement contrôlée par le parti communiste et le gouvernement. C’est lui qui nome les cadres et les évêques. Et le problème est que, notamment au printemps dernier, des évêques ont été ordonnés sans l’accord de Rome, et ont été excommuniés dans la foulée avec ceux qui les ont ordonnés. Il y a donc, en parallèle une Église « clandestine » dont les prêtres et les évêques sont reconnus par Rome et pas par le gouvernement.
        Il y a d’ailleurs eu une importante vague d’arrestations après cet épisode.
        Donc l’important, plutôt que de se demander si l’Église est « officielle » ou « clandestine » est de savoir si l’évêque est ou non en communion avec le Pape et l’Église Universelle.

        J’espère avoir pu t’éclairer un peu.

        • @ Jann et lucie:

          la situation est bien résumée par Jéjé.

          La situation est simple. Le gouvernement chinois se méfie des religions comme de la peste. Donc à défaut de pouvoir les éliminer, il veut les contrôler. Ce qui veut dire nommer le clergé, et naturellement contrôler ce qu’il dit et ne dit pas.

          Problème: Chez les catholiques, le clergé dépend de Rome. Ca frise un poil les moustaches des chinois (moustache qu’ils n’ont pas). La stratégie consiste donc à nommer des responsables religieux « gouvernement-compatibles » (souvent manipulables car sans charismes ou avec casseroles). Les catholiques qui refusent de suivre les évêques de cette église « officielle » sont donc de fait des opposants au gouvernement, ce qui justifie les persécutions.

          Attention, il ne s’agit pas de dire que les membres de l’Eglise « officielle » sont des gros salopards. Souvent, les évêques n’ont pas l’intention d’être nommés et de s’opposer à Rome mais on ne leur laisse pas le choix. Et les prêtres ou évêques qui refusent de se soumettre à l’Etat plutôt qu’à Rome sont bons pour les camps ou la prison (ça ne vous rappelle rien ?). Je schématise.

          Le but des « négociations » entre Rome et Pékin est donc simple: faire en sorte que les évêques qui sont nommés par Rome soient acceptés par Pékin. Je ne sais pas comment ça marche, en détail. Mais faire en sorte que ces deux Eglises, des fausses jumelles en quelque sorte, se rassemblent et finissent par ne plus former qu’une Eglise chinoise Catholique et Romaine, c’est l’objectif ultime du Vatican.

    • Ici, la question ne se pose pas.

      Le diocèse de Canton a la chance, même si l’équilibre est toujours précaire, d’avoir un évêque nommé par Rome et accepté par la Chine.

      Je n’aimerais pas être à sa place tous les jours (je vous donnerai deux, trois histoires à devenir chèvre si Kto accepte un nouvel article dans quelques semaines), mais ça nous permet d’aller à la messe à la Cathédrale de Canton dans la joie et la bonne humeur !

      • Merci pour vos réponses, on imagine pas ça d’ici…

  • Eh ben, a priori le sujet passionne !

    Je sens qu’on va bien entendre de nouveau parler de la Chine par ici…

  • @ Filou, jéjé, jann et lucie:

    Je ne vous oublie pas ! Entre deux cours/devoirs à rendre, je vous répondrais le plus clairement possible.

    Je pense d’ici demain matin (cette nuit chez vous). Et le dites pas à Clem, il me fout déjà la pression pour que réponde, je cite, « Plus vite que ça » !

    • Y a pas d’urgence. Profite bien des tiens. C’est pas tous les jours qu’ils vont faire la moitié du tour du monde pour te faire la bise.

  • Ce pasteur me fait énormément penser à JPII (non, je ne fais pas que répondre au deuxième astérisque) mais surtout à Frère Roger de Taizé !

    Un mec hyper accessible, serein, en totale harmonie avec la Foi et le Seigneur.

    Aussi à Mère Teresa, mais comme pour JPII, je l’ai pas assez connue, je peux pas dire.

    (JPII, Mère Teresa, Frère Roger, Pasteur Samuel… les sannin légendaires du catholicisme ! – sauf qu’aucun d’eux n’est passé du côté obscur de la force)

  • Je réitère la question de Filou au début :

    Si c’est un pasteur, il n’a pas besoin de suivre l’église de Rome non ? Alors que disent les autorités ? (c’était à peu près ça, voir plus haut).

    J’ai une autre question : si le site est vraiment censuré en Chine, comment est-ce que Basile nous répond ? Il sort du territoire en douce ? Il a un satellite perso ?

    • Je sais pas si le blog est censuré, mais il y a moyen de passer par des proxys pour contourner la censure (testé et approuvé par une copine).

      • Pour se connecter au blog de KTO, comme à Facebook ou Youtube d’ailleurs, il faut passer par un proxy (ou mieux des VPN) qui permettent d’obtenir une adresse IP d’un autre pays. Si j’ai tout capté.

        Mais c’est assez instable et pas toujours efficace: quand ça veut pas marcher, ça veut pas. Et ça peut durer longtemps !

  • Même si j’aime pas trop l’oasis, ton article fait vraiment du bien… J’espère garder mon sourire jusqu’à la fin de la journée !

  • [...] Survivre à Mao, rencontre avec le Pasteur Lamb : Un témoignage qui envoie de l’eau bénite ! Et qui calme un peu [...]

  • [...] 1955 : Le pasteur Samuel Lamb est arrêté en Chine avec 3 de ses compagnons pour « activités contre-révolutionnaires ». [...]

  • [...] la Chine où il finissait ses études. Il y racontait les « aventures » du Pasteur cantonais Samuel Lamb, un modèle de foi et de persévérance, accessoirement grand habitué des camps de travail pour [...]

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