Franchement, j’ai été honnête avec vous. Perdre l’article de journal que je devais partager ici, c’était un truc de gros looser que j’ai assumé avec le courage d’un Captain Iglo devant la tempête, protégeant sa précieuse cargaison de poissons panés. Alors quand je trouve un moyen de récupérer l’article en question, j’assume tout aussi pleinement et je dis « Beau Gosse ». Un mélange de Pierce Brosnan et de Mark Wahlberg. Bref, j’ai retrouvé l’article.

Après le témoignage de Kevin Mealamu, talonneur des Blacks, voici celui d’un autre champion du monde de rugby : Brad Thorn. Dans le genre prix Nobel de Littérature y a mieux, on le voit plus jouer dans Die Hard que dans le Cercle des poètes Disparus, et c’est justement pour cette raison que l’article de Ian Borthwick m’a touché. J’aime quand un mec te parle de Dieu alors que tu l’imagines pas une seule seconde à genoux dans une église. Brad Thorn, la machine à plaquage, casse les codes en plus de casser des côtes. Une mention toute particulière au titre du papier que je vous remets tel quel, parce que l’Equipe me fera toujours rêver…*

 


 

Pour son dernier match avec les Blacks il disputera la finale de la coupe du monde. A 36 ans  Brad Thorn tirera ensuite sa révérence après deux décennies de carrière pro. Pourtant tout a bien failli s’arrêter il y a quatorze ans, et s’il est sur la pelouse de l’Eden Park ce soir, Brad Thron le doit selon lui à la Bible et au pouvoir rédempteur du Christ.

Retour en 1998. A vingt-deux ans, Thorn a tout ce dont il rêvait. International de rugby à XIII pour l’Australie, il est déjà pro depuis cinq ans. Adulé par les fans de Brisbane, l’argent lui brûle les doigts. Il a une belle maison, de grosses bagnoles. Il ya l’alcool et le femmes, aussi. Mais au fond de lui, il ressent un grand vide. « Je pensais pouvoir être heureux ainsi, mais je ne l’étais pas, raconte-t-il aujourd’hui. J’avais un égo démesuré, j’avais tous ces objets matériels, mais ça n’avait aucun sens ».

Un jour de janvier 1997, de retour d’une tournée en Grande-Bretagne avec les treizistes australiens, Thorn sent même que sa vie part en vrille : « Je ne supportais plus ma vie ni ma façon de me comporter. J’allais droit dans le mur, mais je n’arrivais pas à me changer. » Jusqu’à ce qu’il se rappelle l’éducation religieuse reçue en Nouvelle-Zélande gamin, avant que ses parents ne décident d’émigrer en Australie.

 

Il se met alors à genoux et prie. « Je vois encore la scène, confie le deuxième ligne. Je n’étais pas à l’église.  C’était juste un mec seul dans sa maison. J’ai dit « Jésus, je ne sais pas si tu es là ou pas, mais je demande pardon pour tout ce que j’ai fait. Il y a des choses mineures, d’autres beaucoup moins,  mais je demande pardon. Et je te demande d’entrer dans ma vie et de m’aider à me changer ».

Quand il se lève, il n’y a ni rayon de lumière ni apparition, juste un désir de changer. « Je ne savais pas ce qui allait se passer, mais après quelques mois, mes coéquipiers commençaient à remarquer le changement. Et moi aussi. J’avais changé. »

 

 

Depuis, la vie de Brad Thorn a définitivement basculé. Marié, père de quatre enfants, il ne boit plus une goutte d’alcool. Mais, pour le rugueux deuxième-ligne, cela n’a pas été facile. « Chaque jour est une lutte, avoue-t-il. Je suis naturellement paresseux, colérique et impatient. Si quelqu’un me cherche des poux, j’ai tout de suite envie de le frapper. Aujourd’hui, je ne le fais plus, car grâce à Dieu j’ai trouvé l’humilité, la patience et la discipline ».

Aujourd’hui, à la veille de son dernier match international, le plus important de tous, Thorn avoue qu’il a parfois encore du mal à maîtriser son mauvais caractère sur le terrain, qu’il lui arrive même de dire des gros mots dans le feu du combat. « Contre la France, j’essaierai d’honorer Dieu en respectant l’esprit du jeu », insiste-t-il. Ca ne l’empêche pas de s’attendre à un rude combat face aux avants tricolores. Avant le match, l’ancien bad boy de Brisbane dira sa prière habituelle. Il remerciera Dieu de lui avoir donné la force de jouer une finale et  lui promettra de respecter l’adversaire.
Mais une chose est sûre, Brad Thron ne demandera pas l’aide divine pour influer sur le résultat de la finale. « Jamais ! promet-il. Je l’ai fait une fois, il y a très longtemps. J’ai demandé à Dieu d’avoir pitié de moi et de me laisser gagner une finale. On a gagné, mais je me suis senti coupable. Dans l’ordre des choses, le sport est si insignifiant que je n’ai pas le droit d’implorer Dieu de gagner un match de rugby. Même une finale mondiale ».

 

Ian Borthwick, l’Equipe du 23 décembre 2011

 

 

*Franchement, on dirait pas que c’est la photo originale avec cet ajustement canon ?

 

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13 commentaires to “Bref, j’ai retrouvé l’article”

  • Pas fan du premier, je préfère celui-là :)

  • Ca va encore faire gueuler filou !

    • Non mais ok ce mec fait du sport. Mais c’est surtout un gars qui témoigne du vide de sa vie d’avant et de sa conversion, on peut passer au dessus du jonglage de baballe !

    • Non mais c’est bien qu’il en parle… Je ne sais pas ce que ça nous apporte, je ne sais pas si l’un d’entre vous est en train de se monter un mur d’effigies de célébrités qui font leur coming out religieux comme d’autres s’amusent à collectionner celles qui accouchent de leur homosexualité…
      Je m’intéresserais pour ma part plutôt au journaliste. Est-il chrétien lui-même ? La question sur la religion des interviewés fait-elle partie d’un bizutage ? A-t-il un message à transmettre ? Cherche-t-il à adoucir le cliché du rugbyman, veut-il plutôt casser l’image du religieux ringard ? Veut-il faire du chiffre ? Comment amène-t-il le sujet … Le titre lui est il venu avant ou après l’interview ?
      Bref, comme dirait l’autre…

    • Je crois pas qu’il faille retenir le fait que ce soit un concours de b… genre « tel mec est catho, ça nous en fait un de plus ».

  • C’est simple, le mec te parle pas de miracle ou de grand BOOM, je trouve ça vraiment bien expliqué et humble. J’adhère, j’adore.

  • Ah Bon ? Parce qu’il est connu son témoignage a plus de valeur ?

    • Non mais il porte plus, et il est beau.

    • @Marcc

      Oh la réflexion à 2 balles !

      Un chrétien qui témoigne, ça à toujours de la valeur. Pas besoin d’être une pom-pom girl pour comprendre que grâce à sa notoriété il peut atteindre des millions de personne dans le monde pour dire à quel point Jésus a changé sa vie !

      De plus, vu le bonhomme et son histoire, ça casse beaucoup de clichés sur les chrétiens, ce que Kto souligne dans l’article.

      Donc oui ce genre de témoignage est utile, et pas la peine de prendre un ton snob et méprisant pour le balayer d’un revers de la main.

  • Moi aussi je préfère ce témoignage au premier. Heureusement que tu l’as retrouvé! Je le trouve plus court (oui je sais la paresse est un des 7 péchés capitaux) mais du coup il va a l’essentiel il est clair et concis et puis on a bien parfois de se dire qu’il y en a bien qui redeviennent kto et que notre nombre ne fait pas que diminuer.

    • J’aime beaucoup voir un homme dire qu’il a envie de donner des coups de poings, mais que chaque jour il se retient parce que c’est pas digne de Jésus. C’est fort.

  • Beau témoignage.

  • There’s some validity but I will take hold opinion until I appear into it further. Beneficial article

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