Ce midi j’ai commencé à écrire mon article sur les JMJ, histoire de faire le bilan de cette aventure* et lâcher des punchlines d’ancien combattant du style « Moi qui était à Cologne » ou « lors de mes premières JMJ ». A 23 ans, faire le vieux est un privilège rare dont je vais profiter à fond (c’est encore plus pathétique qu’un vieux qui veut faire le jeune, je l’admets).
Et comme tout vieux qui se respecte, j’ai la mémoire qui flanche : impossible de savoir en quelle année avait eu lieu Cologne.

Du coup je file regarder ça sur le wiki des JMJ (parce que quand même je suis jeune et cool), et là je tombe sur un paragraphe qui évoque l’évolution du catholicisme en Europe. L’ « Evangélisme Catholique » qu’on appelle ça. Les JMJ attendront, faut que je fasse un article là-dessus !

 

Pourquoi ? Parce que des cathos dépressifs j’en ai rencontré des tonnes. Des mecs qui peuvent pas s’empêcher de comparer avec un « avant » qu’ils n’ont pas connu (et pour cause, c’était y a un million de générations). L’époque où y avait 150% de pratiquants en France, où chacun s’enorgueillissait de voir sa patrie fille aînée de l’Eglise.

Depuis la fille aînée s’est barrée dans un clip de Pussycat Dolls, et y a un paquet de cathos qui s’en remettent pas. Pourtant, à force de se morfondre comme un agent sncf sans préavis de grève en rêvant au passé, devinez vers quoi on oublie de jeter un œil…

 

 

Je suis le premier à défendre les racines chrétiennes de notre civilisation, à prendre la haine quand j’ai l’impression que tout le monde oublie un peu vite d’où on vient, mais chez certains ça tourne à l’obsession. Ok, les temps ont changé. Nous sommes ultra-minoritaires, et c’est devenu difficile de faire respecter nos croyances, c’est vrai. Mais on ne peut pas passer toute la vie à se plaindre non plus, « bouuuh nous les cathos personne nous aime alors qu’au fond on est des hommes comme les autres, on a des sentiments ».  Surtout que la situation est pas si affreuse qu’il n’y parait au premier coup d’oeil (même si parfois, il y parait franchement beaucoup !).

Comme le dit notre ami wiki avec sa plume habituelle, nous sommes passés d’une religion culturelle à une religion choisie. Les choses évoluent, mais pas forcément en mal ! Aujourd’hui qui va à la messe pour se montrer ? Qui va à l’Eglise « parce que c’est comme ça ? » ? Personne. Je fais partie d’une génération de croyants qui croient, et je trouve ça plutôt chouette.

Ce n’est pas seulement le Dieu de mon père, de mon pays, de ma culture, c’est mon Dieu à moi. Et ça vaut pour tous les chrétiens que je connais.

 

Chacun a sa manière de pratiquer (ou pas), ses doutes, ses questions, et aucun n’est parfait. On ne passe pas nos dimanches en prière et la confession nous attend parfois plusieurs années. Tous ne sont pas ultra-fervents ou militants dans l’âme, mais si on est là c’est parce qu’on sait pourquoi. On recherche tous quelque chose de plus, on a tous cette volonté de vivre avec Jésus, ou au moins d’essayer. La foi du charbonnier, c’est fini.

On se mange tellement de portes dans la gueule que pour y retourner**,  on est bien obligés de re-choisir le Christ tous les jours, non ? On se remet en question, et finalement on avance avec la flamme des néo-convertis.

 

Et si au fond, l’Eglise était plus jeune et dynamique que jamais ? Les choses évoluent, c’est comme ça, et je fais entièrement confiance à la génération BXVI pour écrire cette nouvelle page de notre histoire (Catholicisme : la vengeance fantôme du retour de la menace, tamtaaaam)***.

 

L’Eglise a retrouvé une place qui lui va comme son bonnet à Cartman, celle d’une contre-culture, d’un gros poil à gratter de niveau mondial. Comme le Christ en fait : le Kelly Slater du titillage.

Quand je passais mes oraux, le directeur de l’ESC Marseille disait « On vit dans un monde incertain, alors soit on a peur de n’être sûrs de rien, soit on est grisé parce que tout est possible ». Une bonne phrase de marketeux qui convient à merveille. L’avenir est à nous.

 

On se retrouve pile dans la position des apôtres en fait (sauf qu’on est des millions de fois plus nombreux). Ca tombe bien, on a le meilleur manuel du monde !

 

 

* Dans le monde des gens classes, on appelle ça un feedback

** Pas évangéliser, simplement à notre truc de cathos, messe, prière…

*** Et le carton des JMJ madrilènes me donne plutôt raison

 

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26 commentaires to “Le « syndrome Pussycat dolls »”

  • Bordel oui, enfin un peu d’optimisme !

    • +1 !

      On est moins nombreux, mais tellement plus convaincus et dynamiques. Moi, notre génération, j’y crois !

    • Je suis d’accord avec vous. Mieux vaut être moins nombreux, mais que ce soient des « vraies ». Que la religion soient pas un truc social pour gratter de la popularité ou je ne sais quoi. Beau papier, je reviendrai.

  • Bien dit !

    Mon gout de l’anticonformisme est sans doute l’une des raisons qui me font défendre le catholicisme aujourd’hui ;)

    • C’est vrai que question « politiquement correct » on fait mieux ! Pour assumer, faut avoir des c….. aujourd’hui.

    • Chamatou : je te retrouve bien là ! ;)

      Bluber : Quel sens de la formule. Cela dit c’est bien vrai.

  • Parler de Jésus, de BenoitXVI, de Cartman et des Pussycat Dolls dans le même article… Y a que toi pour ça ^^

    Je suis globalement d’accord, soyons optimistes, mais les temps sont durs quand même…

    • Précisons que Nicole Scherzinger est catho !

  • « On est moins nombreux ». En Europe.

    A l’échelle du monde, le nombre de catholique est en croissance.

    « Je fais partie d’une génération de croyants qui croient » —> joli, et maintenant il faut croître !

    • Oui, en Europe ! Il n’y a jamais eu autant de cathos dans le monde et c’est aussi pour ça que la crise est à relativiser.

      Commentaire très bien tourné :D

  • Bel article, j’aime ton esprit résolument optimiste. J’avoue que, même si j’essaye d’être chaque jour plus positif que la veille, ça reste assez difficile d’être optimiste quand on est catho aujourd’hui. Vivre notre foi aujourd’hui dans nos contrées est plus qu’un cheminement, c’est une quête, une véritable épreuve (mais, ne doit-on pas prendre notre croix pour suivre Jésus?).

    Encore une fois, j’admire cet article parce que, au bout du compte, au cœur du message de notre Seigneur, il y a l’espérance. Il ne faut jamais baisser les bras, Parole du Seigneur !

    • Si je voulais parler comme un catho, je te dirais qu’on ne peut qu’être animés par l’espérance puisque nous sommes déjà sauvés.

      Blagues à part, je pense que les apôtres ont pris bien plus cher que nous et que Jésus avait prévenu tout le monde que ça arrivera. On a juste notre lot à encaisser et le job à faire ! Le reste ne dépend pas de nous ;)

  • Magnifique article. Exactement ce que je pense de la situation actuelle. Je pense qu’il faut profiter de la Grâce de vivre à notre époque.

  • Ouais, enfin les temps restent durs, très durs…

    • Au moins maintenant il n’y a plus de lions ! ;)

    • Mais y a le tazer ! L’angoisse…

      Toi aussi t’es un poil à gratter Chamatou ;)

  • Je n’avais pas encore vu de photo de Cuatro Vientos ! Pas assez net. Ou alors c’est un moment où j’avais retiré mon chapeau jaune… Suis pas arrivé à me retrouver. Bête réflexe égoïste…
    A part ça, bien sûr ton article est optimiste. Difficile de ne pas l’être quand on aborde les chose comme ça. Heureux de savoir aussi qu’il y a plus pathétique que moi.
    Pourtant, il ne s’agit pas de décourager, surtout pas et soyons convaincus que plus nous donnons et plus nous recevons. Mais quand même, gardons en tête que notre chemin est encore long pour pouvoir transmettre à notre tour le message le plus intact, le message le plus pur possible. Le chemin est long mais le fardeau s’allège au fur et à mesure. Alors restons droits dans nos bottes, et évitons les sauces « perso » un peu trop relevées. Le message est UN et pas si multiple que tu le laisses entendre par endroits. Ou alors c’est vraiment un produit abâtardi que nous fournirons aux générations futures, sans odeur et sans saveur.

    • @ Filou : Tu parles de transmettre le message et justement, aux JMJ, on s’est vu remettre le bouquin Youcat qui est extrêmement bien foutu. Comme Nicole.
      Je pense que les croyants qui croient sont aussi de mieux en mieux informés. Ou plutôt, ils ont de plus en plus d’outils pour l’être.
      D’ailleurs le Youcat, catéchisme de l’église catho pour les jeunes, est disponble hors-JMJ. Je sais pas où mais on peut le trouver quelque part, c’est sûr ;p

      @ KTO : Je note qu’il y a une photo des Pussycat et pas de Cartman car beaucoup moins sexy. T’es un bon gros marketeux toi aussi…

      • D’accord Victor (c’est pour la rime !) car le Youcat est un super outil. C’est le dernier truc que j’ai sorti de mon sac : ouaah ! un document en français !
        Et je me suis rendu compte que c’est le même catéchisme qui se trouve rangé dans les placards de l’aumônerie, mais en langue djeuns et avé des couleurs ! L’autre ressemble à un livre… de prières.
        Donc je suis bien évidemment d’accord pour que la langue évolue. Le principal est que le contenu soit le même et que surtout on ne se sente pas obligé de choisir ce qu’on va piocher. On peut être prêt à recevoir telle ou telle partie du Message. Il FAUT oeuvrer pour que tout finisse par passer. On fait tous partie du même Corps. C’est Paulo qui l’a dit. Au fond, c’est comme l’ADN… Tu ne peux pas faire partie du corps si tu ne portes pas le même message. C’est une condition sine qua non pour que la construction se poursuive sainement.

      • Heureux que tu parles du Youcat le Dreadeux, parce que c’est vraiment j’ai flashé sur ce truc. Tu te souviens de mon excitation quand je l’ai trouvé ! (et que Dominique ne voulait pas lâcher la liste des restos…)

        Mais Filou, on est d’accord qu’on ne va pas édulcorer le message pour faire plaisir ou le rendre plus accessible ! On en avait déjà parlé dans les commentaires de deux articles :

        - http://www.ktoandthecity.com/2010/11/leglise-a-t-elle-oublie-devoluer/ : l’Eglise a-t-elle oublié d’évoluer ?

        - http://www.ktoandthecity.com/2011/01/603/ : Un tout petit effort (pourquoi on comprend jamais rien quand les cathos parlent…)

  • Bien que ce ne soit pas dans les mêmes proportions, j’ai expérimenté ça à plus petite échelle. J’etait avant dans un bahut catholique et finalement personne ne se demandait si il croyait au Christ. Je suis maintenant dans un bahut laïque et j’ai été obligée de me remettre en question et un fine c’est en étant un des seuls catholique que j’ai redémarré la foi bien plus qu’en devant aller a la messe et prier « parce que ».

    • C’est exactement ce que je voulais dire, merci pour ton témoignage ! Mes articles sont pas toujours hyper-clair, au moins maintenant celui-là l’est ;)

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  • mais quand meme elles
    auront essayé

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