Celui qui essaie d’avancer un peu spirituellement aura toujours comme premier réflexe de chercher quelqu’un « qui s’y connait ». Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai hurlé intérieurement de désespoir après qu’un pote m’ai dit « Nan mais j’aimerais bien croire, mais j’y arrive pas, on fait comment ? ». En version littéraire ça donnerait « Bon, vas-y dis moi quelque chose qui va me bouleverser, change ma vie bordel ! ». Le souci, c’est que quand on me pose ce genre de question existentielle, dans mon esprit la réponse-miracle tant attendue ressemble plutôt à ça :

Alors je patauge, la vie , la mort, toussa, et je réalise comme toujours à quel point parler de ma foi de manière simple, ben c’est pas simple du tout*. Je peux aider, témoigner, répondre à des trucs précis, mais au final ça reste un monde où  l’on avance surtout par soi-même.

 

Mais aujourd’hui, vous en avez du bol, je suis de bonne humeur. Je vais donc vous révéler un des secrets pour avancer en solo, comme un grand et sans l’aide de personne ! Satisfait ou échangé, garantie un an ou plus, Pierre Bellemare se porte caution ! (Hé ouais, c’est une maison sérieuse ici quand même).

Au quotidien, on a tous tendance à se créer des problèmes avant même de commencer les choses. Déjà quand il s’agit d’un truc à la con on se noie dans un verre d’eau, mais si en plus s’agit de religion, là c’est l’Everest qui se téléporte à la maison (ce qui fout un sacré bazar dans la cuisine). Alors se poser des questions c’est bien, se lancer c’est mieux. Et pour ça, une seule règle : la spontanéité.

 

Lorsque tu passes devant la maison d’un pote, tu te dis « tiens, je vais faire semblant de prendre de ses nouvelles et lui gratter une tartine de Nutella au passage, voire un verre de coca s’il est dans un bon jour ». Tu ne te dis pas : Mon Dieu, comment vais-je le vivre ? Et comment vais-je donc me tenir ? Est-ce que je saurais m’y prendre avec lui ? Non. T’as envie de Nutella, alors tu y vas, tu manges, et puis c’est tout**.

Ben pour Dieu c’est pareil, sans le Nutella. Sur le chemin d’un rendez-vous avec un ami, en allant faire les magasins, quand je me ballade dans Paris et que je passe devant une Eglise ouverte, je rentre souvent pour prier 5 minutes. Ce n’est pas un moment spécial, une occasion particulière ni un truc très réfléchi, simplement l’envie de passer un moment avec Dieu. Ce n’est pas parce qu’on s’adresse au Grand Barbu qu’on doit se mettre dans tous ses états, ni se poser mille question du style « mais qu’est ce que j’attends de tout ça ? ». Il faut parfois apprendre à se laisser aller, et à faire les choses sans vouloir absolument leur donner un sens.

 

La bonne démarche, c’est de se lancer à l’instinct ! Après, une fois que tu es dans la vague, le moov, la place, les (bonnes) questions et les réponses viennent d’elle-même. Tu t’adaptes tranquillement, et au final tu te retrouves avec une spiritualité à ta mesure.
C’est comme quand on lance un bain. Je fais couler la moitié, je trempes un doigt de pied rapidos et je me dis « WAAAAaaaaAAAAAh ! Mais je vais mourir congelé !!!! », alors je rajoutes un peu d’eau chaude jusqu’à ce que ce soit bon. Je commence pas par me dire « Ca sert à rien d’en prendre un, de toute manière je trouverais jamais la température parfaite ! ».

Je crois Dieu n’attends pas de nous une performance, il attend de nous que nous ayons une relation la plus confortable possible. Il n’y a pas de bon ou de mauvais ton pour s’adresser à lui, il y a notre ton. Celui avec lequel nous seront sincères, et tant pis si c’est un peu brut de décoffrage. De toute manère, si Dieu voulait recevoir des caresses, il se serait arrêté après avoir créé les labradors.

 

Alors surtout, n’ayons pas peur d’être jugés par lui ! Depuis l’origine du monde il a dut voir passer des containers de débiles, passer derrière c’est du gâteau…

 

 

*On évoquait déjà cette question dans l’article « Pr koi fR ?» il y a quelques temps.
**Notez que la stratégie dite « de la tartine » a une durée de vie assez limitée

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

15 commentaires to “Cest l’heure du bain”

  • ;) moi je suis un peu comme toi j’y vais un point c’est tout. Une église ouverte un petit coup d’oeil, une prière et puis sans va jusqu’à la prochaine. Un moment de panique une petite prière et puis sans va jusqu’au prochain……

  • Très juste, vive la spontanéité. D’ailleurs, c’est le Christ lui même qui en fait l’éloge le premier lorsqu’il enseigne la prière et la charité dans Matthieu, aux environs du sermont de la montagne.

    Magnifique, sublime, extraordinaire conclusion, tu m’as mis KO !

  • C’est vrai que quand on parle de prière, tout de suite les gens se mettent dans tous leurs états. On est pas toujours obligé de se lancer dans des trucs pas possibles !

    C’est une relation, y a des jours pour les longues conversations sérieuses, d’autres pour les coucou rapides…

  • Un pasteur disait un soir, assez soucieux, au sacristain de son église : « Avez-vous remarqué le vieux aux habits râpés qui, chaque jour à midi, entre dans l’église et en ressort presque aussitôt ? Je le surveille par la fenêtre du presbytère. Cela m’inquiète un peu car, dans l’église, il y a des objets de valeur. Tâchez un peu de le questionner ».
    Dès le lendemain, le sacristain attendit notre visiteur et l’accosta :
    - Dites donc, l’ami, qu’est-ce qui vous prend de venir ainsi dans l’église ?
    - Je viens prier, dit calmement le vieillard.
    - Allons donc ! Vous ne restez pas assez longtemps pour cela. Vous ne faites qu’aller jusqu’à l’autel et vous repartez. Qu’est-ce que cela signifie ?
    - C’est exact, répondit le pauvre vieux; moi, je ne sais pas faire une longue prière; alors je viens chaque jour à midi et je Lui dis tout simplement : « Jésus ! … c’est Simon ». C’est une petite prière, mais je sens qu’Il m’entend.
    Peu de temps après le vieux Simon fut renversé par un camion et soigné à l’hôpital.
    - Vous avez toujours l’air heureux malgré vos malheurs, lui dit un jour une infirmière.
    - Comment ne le serais-je pas ? Mais c’est grâce à mon visiteur.
    - Votre visiteur ? reprit l’infirmière avec surprise, je n’en vois guère… et quand donc vient-il ?
    - Tous les jours à midi, il se tient là, au pied de mon lit, et il me dit : « Simon… c’est Jésus ! ».

    • C’est exactement le sens de l’article je crois. J’ai beaucoup beaucoup aimé…

    • I like

    • Pareil ! Très joli !

  • Avez-vous déjà remarqué à quel point les Mac Do se ressemblent ? Et les hôtels Campanile ? Toujours la même architecture, du nord de la France au Portugal, les même chambres, les mêmes cafetières, les mêmes salles de restaurant ? Et que dire des hôtels Ibis ? Une indigestion du sempiternel coquelicot ! Et c’est toujours aussi froid…
    Moi, quand je rentre dans une église -et elles sont toutes différentes- j’ai beau savoir depuis ma plus tendre enfance que c’est la maison du bon Dieu, je m’y sens chez moi, en famille. Que j’y reconnaisse quelques fidèles clairsemés dans la nef ou que j’y sois seul, j’y retrouve « mes » repères en un rien de temps, je n’y vois que des objets familiers des lieux familiers alors que je ne les ai jamais vu. C’est que l’Esprit y est ! C’est lui qui se charge de m’accueillir…
    Que j’y prie ou que j’y déambule en touriste, je m’en rassasie, je m’y ressource, j’y trouve la fraîcheur quand il fait chaud, j’y trouve un abri momentané en hiver, toujours là, au calme…
    La Paix de l’âme.

    • C’est vrai qu’il y a toujours une atmosphère particulière dans les églises ! Je n’avais jamais réfléchi au fait qu’on s’y sente chez soit malgré leurs différences.

      Je ne connais aucun endroit aussi apaisant.

  • C’est vrai que les gens ont tendance à trop se prendre la tête…

    • Grave, mais quand on parle de Dieu ça se comprend. C’est si grand, c’est si haut, un peu flippant !

      La décontraction et la spontanéité, paradoxalement ça s’apprend ;)

  • Ce que je retiens, c’est que s’il y a un sens à donner à sa vie, autant prendre en compte le plus basiquement possible celui que nous donne notre Baptême. Une impulsion, un souffle… Un truc rassurant qui nous évite de plonger dans le vide qu’on a quelque fois devant soi.
    Et puis les choses s’enchaînent, à leur rythme. Pourvu qu’une logique de vie accompagne la démarche. C’est quoi le sens du Baptême ? Apprendre à chercher des signes ? Savoir les interpréter ? KTO, tu demanderas à ta mère de te parler de l’aiguille à l’aumônerie !
    Le sens de ma vie à moi, c’est une mission. Une petite mission d’homme de rien du tout. Je ne me destine à rien de particulier, juste transmettre. Mais je veux le faire bien ! Alors j’étaie, j’argumente, je me renseigne, je partage, je me documente… De fil en aiguille ça devient un projet, un vrai, avec des acteurs, une organisation, une finalité. Mais tout ça se fait tout doucement à l’aumônerie, avec les gamins qui tempèrent par leurs caractères et leurs personnalités.

    Le week-end s’est bien passé. Près de 40 jeunes 11/13 ans. Pas beaucoup eu le temps de prier. Je crois même que je me suis endormi à la chapelle… Et pourtant, d’Antoine de Padoue à Marcel Callo, les Saints n’ont plus de secrets pour eux. Et le reniement de Pierre les a touchés, j’en suis sûr.
    Ma mission ? Semer.

  • Un vent de fraîcheur sur la vie spirituel !

    Parfois, venir sur ce blog fait du bien…

  • If doable, as you develop into expertise, would you mind updating your blog with a lot more details?

  • あるかもしれません目立っするバンドル学ぶこれ。また、| オプション機能 | 必ず一定 ポイント要因では私はあなたが作られたと仮定します。

Laisser un commentaire

Avatar de Kto and the City

Bienvenue sur Kto and the city, blog catho décomplexé à l'humour décalé. Vivez les aventures d'un catho dans la ville, on décortique la Foi dans la joie, la bonne humeur et les vannes à pas cher. Mais surtout on assume à fond et on le vit bien.

 

Une supplique ? Une insulte ? Une lettre d'amour ? Contact : ktoblog@gmail.com Réponse dans l'année garantie !

  • Facebook

  • Rejoignez la newsletter !

  • Derniers articles

  • Commentaires récents

  • Kto and the City, l’appli android !

     

     

  • Catégories

  • Suivez KTO sur Twitter !

  • Tags